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mardi 17 octobre 2017

Conte: Les deux frères (Partie II)

CONTE: LES DEUX FRÈRES (PARTIE Ii)


II. Comment l’orfèvre fut empêché d’accomplir son dessein, bien qu’il eût l’oiseau

Le lendemain, le pauvre homme une fois encore,
Pour retrouver l’oiseau, alla dès l’aurore
A la forêt. Après avoir marché, cherché,
Il le vit, tranquille et sur son arbre perché,
Le tua, l’apporta à l’orfèvre son frère,
Qui le paya très bien. Le pauvre et bon père
S’en retourna chez lui, content de son argent.
Mais le riche l’était bien plus que l’indigent,
Son pauvre frère était en vérité sa proie :
Il savait qu’en mangeant le cœur et le foie
Du magique oiseau béni par le destin
Sous son oreiller il trouverait chaque matin
Une grande pièce d’or. Appelant sa femme,
Il lui dit : « Faites bien rôtir sur la flamme
Cette bonne bête. N’en perdez surtout rien !
Car je veux tout manger, vous vous en doutez bien. »
La femme de l’orfèvre aussitôt prépare
L’oiseau, le met au four pour son époux avare
Et s’en va promptement faire d’autres devoirs.
Les enfants du faiseur de balais, sans la voir,
Entrent dans la cuisine et joyeusement se mettent
A tourner la broche en admirant la bête.
« Regarde, dit soudain l’un d’eux, les beaux morceaux ! 
Vois-les se détacher de l’aimable oiseau !
 Mangeons-les, j’ai très faim ! » Et ils s’en délectent.
Leur tente voit que la broche n’est point intacte
Quand elle revient, et sans sévérité
Les interroge et découvre la vérité.
« Ah ! s’écrie-t-elle avec effroi, la bonne femme,
Vous avez pris le cœur et le foie. » Des blâmes
De son mari tremblant, elle tue un poulet,
Met son cœur et son foie dans l’oiseau, bien complet,
Et porte le rôti à son mari avide
Qui dévore la bête et rend l’assiette vide.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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