Les soupirs d’un chômeur tunisien
"Ô,
ministres cruels ! Voyez gémir
Un sombre condamné
qu’on oublie
Et qui, seul dans
la nuit, vous supplie
D’entendre enfin
ses éternels soupirs !
Séduit par vos
patriotiques discours
Comme par le
regard épris et complice
D’une femme au
cœur plein d’artifices
Et pourtant
radieuse comme le jour,
Je croyais voir,
devant mes yeux éblouis,
Les anges
terribles de la Justice,
Venus pour me
sauver du supplice,
Armés de leur
foudre qui reluit,
De dignité,
d’équité, de labeur,
Vous me parliez,
orateurs d’Athènes,
Ardents comme
Socrate et Démosthène !
Et moi je vous
écoutais, rêveur !
Pour vous, vous
croyant sincères, j’ai voté,
Sur vos têtes j’ai
mis la couronne
Appesantie par
l’or qui rayonne
Dans l’azur de vos
noires majestés,
Mais vous m’avez
oublié ! Je suis las
De vos mensonges
et de vos promesses !
Loin de mes
soupirs et de ma détresse,
Vous riez et vous
ne me voyez pas !
Que m’a fait à moi
cette révolution
Dont vous chantez
sans cesse l’aurore ?
Jadis j’ai
chômé ; je chôme encore
Et vous me
contemplez sans compassion !
J’ai souvent faim
et je suis souvent saoul,
J’ai souvent faim
et toujours je chôme !
Eprise de mes
charmants diplômes,
Nulle femme ne me
prendra pour époux,
Mal-aimé, fardeau
pour le monde entier,
Mon père est mort
et ma mère est lasse
De me donner des
sous pour que je passe
La nuit dans la
taverne du quartier !
Rois qui régnez et
que j’implore en vain,
Ô, je vous hais et
je me déteste !
Dans l’ombre
j’étais, dans l’ombre je reste,
Et hier est pour
moi comme demain!"
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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mardi 8 mai 2012
Les soupirs d’un chômeur tunisien
Publié par
Mohamed Yosri Ben Hemdène
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20:18
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jeudi 3 mai 2012
Un héros de la Patrie: Farhat Hached
UN HÉROS DE LA PATRIE : FARHAT HACHED
Ce poème est dédié à Farhat Hached,
militant syndicaliste tunisien, héros national qui lutta pour libérer la
Tunisie des fers de l'occupation.
De ton nom
magnanime
Notre patrie
sublime
Et ennemie des
tyrans
Se souvient, et
elle l’apprend
Aux oiseaux qui
chantent
Doucement, sans
épouvante,
Dans le ciel béni
et bleu
Comme ton regard
radieux !
Tu dis au peuple
blême :
"Peuple
chéri, je t’aime
Et je maudis tes
ennemis !
Dans la nuit tu
gémis
Des tes fers qui
t’accablent,
Héroïque mais
misérable,
Pauvre mais le
cœur fier !
Peuple immense
comme la mer,
Tu briseras tes
chaînes !
La Liberté
souveraine
Au nom de nos
grands martyrs
T’ordonne de lui
obéir
Et secourir la
Patrie,
Car la Tunisie
chérie,
Mère des preux
Tunisiens,
A nul tyran
n’appartient !
Lève-toi, peuple
héroïque,
Et brave sans
panique
Les farouches
usurpateurs !
Rugissez, ô,
travailleurs !
Les sueurs qui
emplissent
Vos nobles fronts
qui pâlissent
Pour la Patrie
couleront !
Même vaincus, nous
vaincrons,
Nous terrasserons
l’injustice,
Le mensonge et le
vice !"
En chantant ces
divins vers,
L’œil lumineux et
ouvert,
Le cœur plein de
poésie,
Pour la douce
Tunisie
Tu mourus, héros
serein,
Rêveur comme les
marins
Qui, malgré les
noirs nuages,
Voient l’invisible
rivage
Et contemplent le
port soudain
Où reluit,
souverain,
Le soleil qui
éclaire
Le firmament et la
terre !
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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