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lundi 28 mai 2012

Le Gouvernement de la Honte

 

Le gouvernement de la Honte


 Alors que les salafistes deviennent de plus en plus violents et agressent chaque jour les citoyens, le Gouvernement de la Troïka (je suis tenté de dire: le gouvernement d'Ennahdha)  reste sourd et muet, et ne semble pas avoir la volonté de faire face à ce fléau qui nous menace.

Ô, ministres maudits et éphémères !
Corbeaux qui emportent dans leurs serres
En s’envolant rêveusement ailleurs,
Les songes éternels des sombres chômeurs
Et des héros qui sont morts sans armes !
Rien ne vous arrête, rien ne vous alarme,
Eblouis par le Pouvoir aux rayons doux,
La frêle Patrie tombe autour de vous
Comme une feuille de chêne qu’emporte la tempête,
Et vous détournez vos coupables têtes
De l’orage qui hurle, du vent qui gémit !
Amis obscurs de nos sinistres ennemis :
Les salafistes ignorants et sombres,
Vous riez avec eux, dans l’ombre,
Des blessures des blessés et des martyrs,
Et quand ils viennent soudain nous assaillir
En rugissant, pleins de haine, de colère,
Vous tremblez, et pour ne point leur déplaire,
Vous leur souriez au lieu de les châtier !
Pour eux, vous bravez le monde entier,
La vérité, la loi et la justice,
Le Ciel gémit de vos artifices
Et d’entendre son nom Dieu est las ;
Armé d’une foudre que vous ne voyez pas
Et qu’il allume lentement dans les nuées
Où les ailes des archanges, déployées
Ravivent sans cesse ce feu redouté :
La colère du peuple révolté !
Craignez cette foudre divine
Qui emplit le ciel et l’illumine
Et, quand le peuple vous jugera,
Comme sur une tour, sur vos têtes tombera,
Ministres criminels et infâmes,
Ennemis de la Révolution blême ! 


 Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 8 mai 2012

Les soupirs d’un chômeur tunisien


Les soupirs d’un chômeur tunisien


"Ô, ministres cruels ! Voyez gémir
Un sombre condamné qu’on oublie
Et qui, seul dans la nuit, vous supplie
D’entendre enfin ses éternels soupirs !

Séduit par vos patriotiques discours
Comme par le regard épris et complice
D’une femme au cœur plein d’artifices
Et pourtant radieuse comme le jour,

Je croyais voir, devant mes yeux éblouis,
Les anges terribles de la Justice,
Venus pour me sauver du supplice,
Armés de leur foudre qui reluit,

De dignité, d’équité, de labeur,
Vous me parliez, orateurs d’Athènes,
Ardents comme Socrate et Démosthène !
Et moi je vous écoutais, rêveur !

Pour vous, vous croyant sincères, j’ai voté,
Sur vos têtes j’ai mis la couronne
Appesantie par l’or qui rayonne
Dans l’azur de vos noires majestés,

Mais vous m’avez oublié ! Je suis las
De vos mensonges et de vos promesses !
Loin de mes soupirs et de ma détresse,
Vous riez et vous ne me voyez pas !

Que m’a fait à moi cette révolution
Dont vous chantez sans cesse l’aurore ?
Jadis j’ai chômé ; je chôme encore
Et vous me contemplez sans compassion !

J’ai souvent faim et je suis souvent saoul,
J’ai souvent faim et toujours je chôme !
Eprise de mes charmants diplômes,
Nulle femme ne me prendra pour époux,

Mal-aimé, fardeau pour le monde entier,
Mon père est mort et ma mère est lasse
De me donner des sous pour que je passe
La nuit dans la taverne du quartier !

Rois qui régnez et que j’implore en vain,
Ô, je vous hais et je me déteste !
Dans l’ombre j’étais, dans l’ombre je reste,
Et hier est pour moi comme demain!"



Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène