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jeudi 17 décembre 2020

Quelques héros d'Ouhod

quelques héros d'ouhod

Plusieurs des croyants accomplirent le pacte fait devant Dieu ; plusieurs arrivèrent au terme de leurs jours ; beaucoup d’autres l’attendent, et n’ont point violé leur serment. (Coran, 33, 23)

Les musulmans étaient, ce jour-là, moins nombreux
Que leurs ennemis, mais ils étaient les plus preux.

Voici un homme grand, qui sur la terre étroite
Emplie de combattants, frappe à gauche et à droite :
C’est Zayd Ibn Al-Khattab, dont le frère est Omar,
Sans bouclier, devant les lames et les dards.
Omar le voit, et il s’écrie dans la guerre :
« Protège-toi et prends mon bouclier, frère ! »
Zayd répond : « Non ! Je veux mourir autant que toi
Et être, grâce à Dieu, un martyr de la foi ! »
Omar jette alors son bouclier pour combattre
Comme son frère le fait, les idolâtres.

Voici un homme qui combat en tous lieux
Et crie dans la mêlée : « Je suis le lion de Dieu ! »
Il ne craint ni la mort ni la sombre défaite :
Cet homme c’est Hamza, l’oncle du Prophète.

Voici un homme au front d’un bandeau rouge ceint
Qu’il met quand le combat à mort est son dessein,
Et qui dispense les coups et les entailles.
C’est Abou-Doujana. Avant la bataille,
Le Prophète, en tenant un grand sabre à la main,
A dit : « Ce sabre ne sera pas pris en vain.
Qui veut le prendre ? » À le lui prendre on hésite.
« Je vais le prendre, moi ! » répond l’Ansarite.
Il rugit au combat, sans trembler du danger :
« J’ai le sabre de Dieu et de son messager ! »
Et pareil à la foudre et à la tempête,
Des infidèles qu’il voit brise les têtes.

Voici un homme qui vient de se marier
Et qui, le lendemain, a rejoint les guerriers.
Il s’appelle Hanthala. C’est celui que les anges
Laveront à sa mort du sang et de la fange.
Il a dit à sa femme en allant au combat :
« Je m’en vais rejoindre les valeureux, là-bas ! »
Et a quitté son lit d’une façon fière
Dès qu’il a entendu le héraut de la guerre.

Voici un homme qui fait un noble rempart
De son corps blessé par les flèches et les dards,
Afin de protéger le Prophète, et s’écrie :
« Que je meure, Prophète, et que tu restes en vie ! »
Il ne peut plus bouger son bras, pourtant puissant,
Et des pieds à la tête, il est couvert de sang.
C’est Abou-Talha, qui brave les infidèles.

Voici un homme qui s’est fait échelle
Pour que le Prophète monte sur lui chercher
Au sommet du mont, un salutaire rocher.
Il est la cible de mille flèches, et demeure
Calme et immobile, jusqu’à ce qu’il meure.
C’est Talha Ben Oubaïd-Allah. « Au Paradis,
Au Paradis, Talha ! », le Prophète lui dit.

Voici un homme qui combat et qui boite,
Et qui frappe, pourtant, à gauche et à droite :
C’est Amr Ben Al-Jamouh. Cet homme a été sourd
Aux conseils de ses fils, qui combattaient toujours
Avec le Prophète. Ils lui avaient dit : « Père,
Ne va pas au combat, dis pour nous des prières,
Car Dieu à combattre ne t’a point obligé.
Nous combattrons à ta place, alors. » Affligé,
Il demanda la permission du Prophète.

Voici un homme dont l’auguste tête
Est défigurée, et qu’à peine on reconnaît.
Il n’a plus d’oreilles et il n’a plus de nez.
C’est Abdallah Ben Jahsh. Avant la bataille,
Il promit de frapper d’estoc et de taille :
« Dieu, j’en fais le serment : sur ton nom j’ai juré,
De mourir pour toi, demain, défiguré !
Et je te montrerai mes blessures vermeilles
Quand je perdrai, pour toi, mon nez et mes oreilles ! »

Voici un homme qui va bientôt mourir :
C’est Anas Ibn Annadr. On le voit courir
À l’ennemi, comme s’il était une armée,
Et il s’écrie : « Viens à moi, ô mort bien-aimée !
Du Paradis je sens d’ici le doux parfum ! »
Quand on trouva le corps du martyr, à la fin,
On y compta plus de quatre-vingt blessures.
Nul ne donna son nom d’une façon sûre,
Et seule sa sœur le reconnut à son doigt.

Voici un homme juif qui a dit : « On doit
Assister Mahomet, Allons à la guerre ! »
Aux Banu-Thaalaba, sa tribu altière.
On lui répondit que c’était jour de sabbat.
Mukhayriq s’écria : « Non, c’est jour de combat !
Peu m’importe votre sabbat, Dieu m’appelle !
Que cette guerre soit pour moi mortelle !
Je ne prends que mon sabre et j’y vais indigent,
Rendez le Prophète maître de mon argent. »

Voici une femme qui voit le Prophète
Se défendant contre ses ennemis. Elle jette
Sa jarre où il y avait de l’eau pour les guerriers,
Et donne mille coups puissants et meurtriers.
C’est Nusaybah Bint Kaab. Le Prophète frappe
L’ennemi, et à ses coups aucun n’échappe.
Il dit à cette femme : « Ô mère d’Oumara !
Qui pourra faire ce que tu fais ? qui pourra ?
Quel est ton vœu ? » « Mon vœu est d’être avec toi
Au paradis ! » Répond Nusaybah avec foi,
Et le Prophète dit qu’elle l’y accompagne.

Certes, cette haute et puissante montagne
Ne reverra jamais des héros plus vaillants
Que ceux qui à la guerre, assaillis, assaillant,
Pour Dieu et le Prophète ont choisi de combattre,
Et sont morts ce jour-là ou vivront pour d’autres.



Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 3 mai 2012

Un héros de la Patrie: Farhat Hached


UN HÉROS DE LA PATRIE : FARHAT HACHED


Ce poème est dédié à Farhat Hached, militant syndicaliste tunisien, héros national qui lutta pour libérer la Tunisie des fers de l'occupation. 

De ton nom magnanime
Notre patrie sublime
Et ennemie des tyrans
Se souvient, et elle l’apprend
Aux oiseaux qui chantent
Doucement, sans épouvante,
Dans le ciel béni et bleu
Comme ton regard radieux !

Tu dis au peuple blême :
"Peuple chéri, je t’aime 
Et je maudis tes ennemis !
Dans la nuit tu gémis
Des tes fers qui t’accablent,
Héroïque mais misérable,
Pauvre mais le cœur fier !
Peuple immense comme la mer,
Tu briseras tes chaînes !
La Liberté souveraine
Au nom de nos grands martyrs
T’ordonne de lui obéir
Et secourir la Patrie,
Car la Tunisie chérie,
Mère des preux Tunisiens,
A nul tyran n’appartient !
Lève-toi, peuple héroïque,
Et brave sans panique
Les farouches usurpateurs !
Rugissez, ô, travailleurs !
Les sueurs qui emplissent
Vos nobles fronts qui pâlissent
Pour la Patrie couleront !
Même vaincus, nous vaincrons,
Nous terrasserons l’injustice,
Le mensonge et le vice !"
En chantant ces divins vers,
L’œil lumineux et ouvert,
Le cœur plein de poésie,
Pour la douce Tunisie
Tu mourus, héros serein,
Rêveur comme les marins
Qui, malgré les noirs nuages,
Voient l’invisible rivage
Et contemplent le port soudain
Où reluit, souverain,
Le soleil qui éclaire
Le firmament et la terre !



Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène