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samedi 28 décembre 2019

Vaste terminus

vaste terminus

La vie est un long voyage
Sur les rails ou dans les nuages,
L’un prend l’avion, l’autre le bus,
Et tous s’en vont au terminus.
Nos routes sont différentes,
Mais toutes les âmes errantes
Montant au grand huit infernal
Connaissent leur arrêt final
Et savent, en étant à la cime,
Que tout tombera dans l’abîme
Qui dévore nos illusions.
Tout n’est-il que dérision ?
Nous sommes condamnés à vivre,
Le Destin, conducteur ivre
Qui a un bandeau sur les yeux,
Nous fait choir du sommet des cieux
Et écrase, dans sa colère,
Nos espérances les plus chères
Et nos ambitions sans lendemain
Restées sur le bord du chemin.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 20 février 2019

Terminus

terminus

A un long voyage mes jours sont pareils.
Les rues me confondent et les déserts m’emportent,
Derrière chaque porte je trouve une porte,
Et je cherche un peu d’ombre et un peu de soleil.

Je suis ce passager au fond du bus du soir
Contemplant la route derrière sa vitre,
Les boutiques fermées et le brouillard sinistre
Qui enveloppe comme un linceul le ciel noir,

Captif de son siège comme d’une prison,
Seul et ne sachant pas à quoi le destine
Cette inarrêtable et infernale machine,
Ferraille vivante qui roule sans raison !

De ce monstre mouvant qui est le conducteur,
Et qui pilote donc ce morne véhicule
Qui va dans le brouillard et dans le crépuscule
Où je lis un livre sans fin et sans auteur ?

Quel est le terminus de ce car de l’enfer ?
Nous allons tous les deux comme iraient deux flammes,
Environnés d’ombre et de vieilles réclames,
Et le pavé devant nous, ainsi qu’une mer,

S’étend éternellement, morne comme le ciel
Empli de nuages gris et de paperasses,
De vers doux, d’épopées et de dédicaces,
Et de quelque prose au mouvement éternel ;

Avec ses quatre roues énormes, ce vieux bus
Fait tournoyer ma vie tombant comme une neige,
Mes vers chenus et mes brouillons du collège,
Peut-être le tombeau est-il le terminus.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène