mercredi 20 février 2019

Terminus

terminus

A un long voyage mes jours sont pareils.
Les rues me confondent et les déserts m’emportent,
Derrière chaque porte je trouve une porte,
Et je cherche un peu d’ombre et un peu de soleil.

Je suis ce passager au fond du bus du soir
Contemplant la route derrière sa vitre,
Les boutiques fermées et le brouillard sinistre
Qui enveloppe comme un linceul le ciel noir,

Captif de son siège comme d’une prison,
Seul et ne sachant pas à quoi le destine
Cette inarrêtable et infernale machine,
Ferraille vivante qui roule sans raison !

De ce monstre mouvant qui est le conducteur,
Et qui pilote donc ce morne véhicule
Qui va dans le brouillard et dans le crépuscule
Où je lis un livre sans fin et sans auteur ?

Quel est le terminus de ce car de l’enfer ?
Nous allons tous les deux comme iraient deux flammes,
Environnés d’ombre et de vieilles réclames,
Et le pavé devant nous, ainsi qu’une mer,

S’étend éternellement, morne comme le ciel
Empli de nuages gris et de paperasses,
De vers doux, d’épopées et de dédicaces,
Et de quelque prose au mouvement éternel ;

Avec ses quatre roues énormes, ce vieux bus
Fait tournoyer ma vie tombant comme une neige,
Mes vers chenus et mes brouillons du collège,
Peut-être le tombeau est-il le terminus.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Mon avis sur cet article: