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lundi 2 septembre 2019

Chaos symbolique

Chaos symbolique

Mon cœur est comme une chambre d’étudiant
Ou un appartement de célibataire,
On y voit des vases vides et béants
Et des débris de mets et de rêves par terre.

Le désordre y règne et tout y est à l’envers,
Rempli de vieux livres et de linge sale,
La patiente araignée y écrit des vers,
Comme des malades les murs y sont pâles,

On y trouve, dans un grand coffre tout moisi,
Des lettres d’amour et des sous-vêtements de femmes
Et des avis d’impôt et des morceaux choisis,
Et on sent, en entrant, comme des odeurs d’âmes,

La poussière y a fait tomber tous ses cheveux,
Les pleurs des occupants laissent des taches noires
Sur les petits tapis et sur le sol nerveux
Qui se sont enivrés à force de boire.

Qui a donc habité mon cœur avant moi ?
D’où vient ce désordre qu’on voit dans chaque pièce ?
Je suis plusieurs, sans doute, et mille hommes à la fois
Avec tous leurs espoirs et toutes leurs tristesses,

Tout un pays d’humains m’habite et me remplit,
J’ai vu beaucoup d’entre eux grandir, mourir et naître,
Et il y a un tombeau, un berceau et un lit,
Et des vies s’en allant à travers la fenêtre.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 25 mai 2019

Le fantôme symbolique

Le fantôme symbolique

Comment exorciser cet autre soi-même
Qui nous suit comme une ombre et comme le soleil
Et nous fait maudire soudain tout ce qu’on aime,
Si différent de nous, et qui nous est pareil ?

Quand nous sommes joyeux, il est triste et maussade,
Quand nous sommes tristes, il est calme et radieux,
Il est notre image dans le miroir malade
Des fangeuses sources et des ruisseaux odieux ;

Ce spectre est invisible et frêle comme une âme,
Et il ne peut être vaincu ni combattu,
C’est l’homme dans l’homme et la femme dans la femme,
Qui est comme l’enfant et le vieillard têtu.

Où se cacher ? Même dans une chambre étroite
Ce monstre est dans l’armoire et sous le lit ;
Il est à notre gauche, il est à notre droite,
Qui nous examine et lit le livre qu’on lit !

Je sais que le monstre est là, dans ma demeure !
Ce colocataire maudit et éternel
Qui compte avec plaisir mes éphémères heures
Et qui vient de l’enfer, de la nuit ou du ciel,

Et qu’il me mangera, comme l’ogre des fables
Mange les cœurs fumants des enfants égarés
Qu’il fait grossir avant de mettre sur sa table,
Comme de nous-mêmes, tous des leurs séparés.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène