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mardi 17 décembre 2024

Point de vue sur le Chaos primordial

POINT DE VUE SUR le chaos primordial

C’est un brouillard épais comme un linceul,
Une vapeur incommensurable.
Il n’y avait qu’un abîme redoutable
Et le monde était triste et était seul.

Tout était abstrait, sombre et sauvage,
La Nuit, comme une veuve dans les cieux,
Couvrait de son voile majestueux
La création sans ports ni rivages,

Le démon du Désir, calme et fatal,
Répandait partout le parfum natal
De ses ailes noires et ouvertes,

Et la Terre, qui était déserte,
Regardait l’Océan vague et profond
Qui n’avait pas d’ondes et était sans fond.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 14 novembre 2019

Les mains du Chaos

les mains du chaos

Le Chaos, grand abîme
Plus vieux que la création,
Ténébreux comme le crime,
Nombreux comme les nations,

S’épanouit, terrible rose
Poussant dans l’éternité,
Et contient toutes les choses
Dans son immobilité ;

Bête confuse et énorme
Qui est lion et qui est ver,
Elle ronge et déforme
Le tissu de l’univers,

Elle prend notre monde
Dans ses grandes mains sans chair
Comme on prendrait dans l’onde
Un caillou, et sombre mer

Noie tout ce qui existe
Dans ses profonds flots d’airain ;
Rien ici-bas ne résiste
À cette mer sans marins.

La Terre à large poitrine
Craint le chaos dévorant
Qui est du néant l’épine,
Et gémit en l’abhorrant.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

lundi 2 septembre 2019

Chaos symbolique

Chaos symbolique

Mon cœur est comme une chambre d’étudiant
Ou un appartement de célibataire,
On y voit des vases vides et béants
Et des débris de mets et de rêves par terre.

Le désordre y règne et tout y est à l’envers,
Rempli de vieux livres et de linge sale,
La patiente araignée y écrit des vers,
Comme des malades les murs y sont pâles,

On y trouve, dans un grand coffre tout moisi,
Des lettres d’amour et des sous-vêtements de femmes
Et des avis d’impôt et des morceaux choisis,
Et on sent, en entrant, comme des odeurs d’âmes,

La poussière y a fait tomber tous ses cheveux,
Les pleurs des occupants laissent des taches noires
Sur les petits tapis et sur le sol nerveux
Qui se sont enivrés à force de boire.

Qui a donc habité mon cœur avant moi ?
D’où vient ce désordre qu’on voit dans chaque pièce ?
Je suis plusieurs, sans doute, et mille hommes à la fois
Avec tous leurs espoirs et toutes leurs tristesses,

Tout un pays d’humains m’habite et me remplit,
J’ai vu beaucoup d’entre eux grandir, mourir et naître,
Et il y a un tombeau, un berceau et un lit,
Et des vies s’en allant à travers la fenêtre.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 19 juin 2019

Couleurs chaotiques

couleurs chaotiques

Le ciel bleu et sans nuages,
À une mer sans flots pareil,
Fait briller son plus beau soleil
Qu’il porte comme un maquillage ;

La terre est immense et verte
Et du printemps est le miroir,
Dans la calme maison du soir
Fenêtre par l’aurore ouverte ;

Des petits oiseaux les ailes
Sont plus blanches, du ciel épris,
Qu’un livre qu’on n’a pas écrit
Et qu’on espère avec zèle ;

Les pommes sont aussi vermeilles
Que le sang et que la passion,
Blessures de la création
Les unes aux autres pareilles ;

Tu montres ta noire chevelure
Comme une mystérieuse nuit,
Sans étoiles, mais qui reluit
Et illumine la nature,

Et tout cela brille et passe
De vertige et de rayons plein,
Et berce et assomme sans fin
Nos âmes de nos corps lasses.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

dimanche 7 avril 2019

Chaos poétique

chaos poétique

Quand la Muse me prend par les cheveux
Et qu’elle dit : « Maintenant, je te veux ! »,
Penchée sur mon oreille, dans ma tête
Elle crie aussi fort que la tempête,
Tourmentant mon esprit comme la mer !
Je sens dans mon cerveau les puissants vers
Qui passent, éclairs, météores, comètes,
Reluisant dans l’immensité inquiète !

Point de lyre, mais un sourire fatal
Et un tambour immense et infernal !
La Crieuse crie et me tourmente
Et parfois aussi elle se lamente ;
Se ruant comme un violent animal
Sur moi, plus sombre que l’ange du Mal,
Son rire immense et diabolique
M’emplit de sa sinistre musique,
Et elle fait gémir sur le même air
Les violons brûlés des profonds enfers
Et toutes les cymbales du Tartare,
Dans mon cœur qu’elle ravit et effare.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène