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lundi 5 décembre 2016

Le Massacre des Innocents

Le massacre des innocents

Léon Cogniet, Le Massacre des Innocents (1824)

Partout dans la ville hasardeuse et sanglante,
Des mères effrayées, en portant leurs petits,
Courent avec le fardeau qui les appesantit
En fuyant les lames aiguisées et violentes ;

Le massacre reluit comme une aurore étrange
Et emplit tous les cœurs d’une pesante nuit,
Tout crie, tout halète, tout se bouscule et fuit,
On marche sur les morts tombés dans la fange,

Les victimes foulent les autres victimes,
Les enfants appellent vainement au secours,
On coupe les ailes à ces jeunes amours
Et on tue les vieillards en les jetant des cimes !

Des nourrissons, pendus à des mamelles rouges,
Devenus livides, tels des angelots pierreux,
Sont de petits cadavres bleuis et poussiéreux
Sur lesquels sont tombés les toits de leurs bouges !

Une pauvre mère, dans ce noir vacarme,
Se cache dans l’ombre d’un vieux débris moussu
Avec son frêle enfant, tremblant et mal ossu,
Qu’effraie le bruit de la tempête des armes,

Et sur sa bouche elle met sa main aimante
Pour qu’on n’entende point ses sanglots et ses cris,
Et voudrait cacher son petit être chéri
Dans son sein de nouveau, où rien ne le tourmente. 


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

jeudi 21 juillet 2016

Les innocents

les innocents

Enfants, ils ne sont point pour vous, ces grands écueils !
Votre voile, emportée par une douce brise,
Erre, loin des tempêtes et des nuées grises
Et des firmaments mornes et noirs comme le deuil !

Vos pas légers marchent sur l’abîme béant
Que vous ne voyez point, petites têtes roses !
Vous voyez l’aurore reluire dans les choses
Et nous sommes pour vous d’invincibles géants,

Mais c’est vous qui êtes sages et qui êtes grands !
Vos cœurs et vos esprits, blancs comme la neige,
Ignorent la douleur qui souvent nous assiège,
Ô beaux cœurs innocents, beaux esprits ignorants !

Vos yeux sont limpides, le monde vous éblouit,
Vous êtes si petits, et il est si vaste !
De ce monde maudit que le mal dévaste
Vous ne voyez, enfants, que le soleil qui luit !

Vous riez sans cause, vous pleurez sans raison,
Et vous sucrez la mer car elle est trop amère !
Tout est votre père, tout est votre mère, 
Et toutes les maisons sont pour vous la maison !


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

samedi 15 septembre 2012

Les Innocents

Les Innocents


 Gamins à la peau rose,
Dans vos yeux étonnés
J’ai vu de douces choses
Et j’ai vu rayonner

Vos fronts, comme des étoiles
Dans une éternelle nuit,
Comme des aurores pâles
Et le jour qui reluit !

Ô, joyeux et pauvres,
Vous errez sans soucis
En cherchant le havre
Dans les flots noircis,

Et guettant dans les ondes
L’invisible et doux port !
Et la mer profonde
Et souvent sans remords

Vous berce et vous caresse,
Vous sourit, frêles nageurs,
Et avec paresse
Voit vos fronts songeurs !

Quand un adulte passe
Vous baissez timidement
Vos joues qu’il embrasse
Et vos yeux charmants !

Toutes les femmes sont vos mères
Et les vieillards chenus
Sont tous vos grands-pères
Aux visages inconnus ;

Ô, âmes orphelines,
Ô, cœurs doux et radieux,
Enfances divines,
Anges mystérieux !


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène