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mercredi 22 mai 2019

Philosophie explicite

philosophie explicite

Que dit la fleur fragile au vent impitoyable ?
« Aie pitié de moi, je suis en train de mourir.
Je ne suis qu’une fleur petite et misérable,
Mes pétales s’envolent et tu me fais souffrir. »

Que murmure l’arbre chenu au jeune arbuste ?
Mes branches sont cassées, j’ai vécu, j’étais fort.
Aujourd’hui un oiseau me semble robuste
Quand il chante sur moi, fardeau pesant du sort. »

Que chante dans le ciel la vieille hirondelle ?
« Les saisons ont passé, je ne dis plus de vers.
La Nature a été pour moi bien cruelle ;
Je faisais le printemps et je ferai l’hiver. »

Que raconte la source aux larmes peu nombreuses ?
De tristes histoires sans début et sans fin,
Et qu’elle est comme une veuve ténébreuse
Qui pleuré toute sa vie, toujours en vain.

Car la Nature a des tristesses centenaires
Et son cœur est rempli des mêmes vieux chagrins,
Et rappelle aux hommes violents et sanguinaires
Que le temps courbe tout ce qui est fait d’airain.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 9 février 2019

Fragilité

fragilité

Le ciel était clair ; elle était si belle
Qu’en souriant elle semblait irréelle,
Pareille à l’air léger qui l’entourait
Et qui dans ses sombres cheveux errait
Comme dans un sentier plein de lumière !
Elle était élégante et altière
Assise dans un immortel tableau,
Cependant que le bruissement de l’eau
Etait moins doux que tout son être.

Elle allait à tout moment disparaître,
Devenir un peu d’eau ou un peu d’air !
Quand le vent effleurait sa blanche chair,
Elle devenait soudain toute rouge,
Mer tranquille et qui jamais ne bouge
Qui est son propre rivage et son port !
Son visage était un paysage mort,
Mais si beau ! Et moi, mon âme grisée
Contemplait ses joues mouillées de rosée,
Frêles pétales d’une large fleur
M’emplissant de chagrins et de liqueurs
Car je la vénérais comme on vénère
Les antiques beautés imaginaires.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 13 février 2017

La Fragilité humaine

La fragilité humaine

Salvator Rosa, Fragilité humaine (v. 1656)

Squelette aux grandes ailes de corbeau,
Dans la chambre étroite comme un tombeau
La Mort, à un nouveau-né éphémère
Assis sur le genou de sa mère,
Dicte en lui souriant son testament ;
Ce commencement d’être humain, charmant,
Ecrit avant que d’apprendre à lire
Tout ce que la Mort vient lui dire.

A droite un souillon, dans une marmite,
S’amuse et sans le savoir imite
Le geste de la Mort avec sa faux.
Tout cela est beau, innocent et faux.

Grave pour son âge et indifférent, 
Son frère, près de lui s’affairant,
Fait maintes bulles de savon, ravies
Par l’air, comme par la Mort notre vie.

Tous sont les bouffons, tristes et sombres, 
De la Mort qui tient sa faux dans l’ombre
Comme un amant une fleur dans sa main,
Et cueillera un jour le genre humain.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène