jeudi 12 décembre 2019

Absurdité des choses


 Absurdité des choses

Tel un serpent qui se mord dans la queue dans l’ombre,
Tout se meut dans la nuit dans ce monde sombre,
Ainsi que les vaisseaux sous un ciel inclément,
Dans une mer sans phare et aux grands flots déments.

L’homme est condamné avant même que de naître,
Il est perdu et ne sait quel sera son sort,
Habillé d’un linceul, il tremble de la mort
Comme un enfant dans une maison sans fenêtres.

Toutes nos opinions, toutes nos doctrines,
Rendent le gouffre plus terrifiant et plus noir,
Et la vérité est plus loin que la Chine
De notre entendement et de ce qu’on peut voir.

La vie, flot immense, au néant nous emporte,
L’inconnu devant nous s’ouvre comme la porte
D’une vaste chambre tout emplie de brouillard,
De vases aux fleurs fanées ainsi que d’œuvres d’art.

Nos mots sont impuissants et couvrent les choses
Comme d’infimes grains de poussière et de nuit
Et comme la rosée qui couvre les roses
Lorsque la douce aurore au firmament reluit.

Nous mettons tout ce qui existe au dictionnaire
Mais rien n’a de sens ni de but ici-bas,
Et vivre est défectif et nous en sommes las
Comme nous sommes las des deux auxiliaires.



Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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