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Le premier meurtre Et raconte-leur en toute vérité l’histoire des deux fils d’Adam. Les deux offrirent des sacrifices ; celui de l’un fut accepté et celui de l’autre ne le fut pas. Celui-ci dit : « Je te tuerai sûrement ». « Dieu n’accepte, dit l’autre, que de la part des pieux » (Coran, 5-27) Abel était berger et Caïn laboureur. Chacun d’eux, un jour, fit une offrande au Seigneur : Abel choisit sa plus belle génisse, Alors que son frère dit : « Qu’on en finisse ! » Et ne daigna offrir à Dieu qu’un peu de blé Qui était sec comme son cœur et aussi laid. Un feu blanc descendit des nuées sur la terre Qui était doux comme la brise et la lumière, Et ce feu n’emporta que l’offrande d’Abel. Celle de son frère ne monta pas au ciel. L’œil de Caïn devint comme la nuit sombre Et de son noir dessein on y voyait l’ombre. Il s’écria : « Abel, je vais te tuer ! » « Et pourquoi donc, homme mauvais, infatué ! Ne sais-tu pas que Dieu qui sur l’univers règne Agrée les offrandes de ceux qui le craignent ? Moi je le crains, et je n’étendrai pas ma main Pour t’ôter la vie. Prends mes péchés et les tiens Pour demeurer toujours, frère, dans la géhenne. » Caïn alors, fou de jalousie et de haine, Regarda autour de lui, et semblait chercher Quelque chose, puis il souleva un grand rocher Et asséna, aussi violent que la tempête, À son frère innocent plusieurs coups sur la tête, Et la bouche ouverte, demeura interdit, Se croyant dans un rêve et se sentant maudit. Satan alla voir Ève et il lui dit : « Mère De tous les hommes, ton fils a tué son frère ! » « Tuer, qu’est-ce que c’est ? Va-t’en d’ici, ennemi ! » Lui répondit Ève, et bientôt se rendormit. Caïn, devant tout ce sang répandu blême, Restait béant d’horreur, et il alla même Réveiller son frère, qui ne s’éveilla pas. Quelques heures passèrent et il était très las. Il vit toutefois un corbeau grattant la terre Et dit : « Faisons comme ce corbeau qui erre ! Suis-je damné au point de ne pas le pouvoir ? » Il creusa un grand trou, et sans oser le voir Y jeta son frère mort, le remords dans l’âme |
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2210.
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jeudi 17 septembre 2020
Le premier meurtre
samedi 21 décembre 2019
Le drame du meurtrier
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Le drame du meurtrier
Après avoir tué
son frère antique,
Caïn erre hors
des temps messianiques,
Le cœur hagard
et sans répit brûlé
Par le souvenir
de son meurtre ailé
Qui le suit
partout ainsi qu’à un spectre.
Chacun ferme sa
porte et ses fenêtres
En le voyant de
loin arriver,
Le soleil
lui-même semble rêver
Et dans le ciel
hésite à reluire.
Il entend tout
autour de lui se dire :
« Voici l’homme
maudit qui a tué
Son frère Abel ! »
L’arbre diminué
Lui donne des
fruits que le ver mange,
La terre qu’il
cultive soudain change
Et, alors qu’elle
était fertile avant,
Devient aussi
sèche qu’un linge au vent,
L’herbe devient
jaune à son passage,
La rivière se
tarit avec l’âge
Comme la tête d’un
vieillard chenu,
Et il tremble,
pareil à l’enfant nu
Oublié sous la
pluie, dans la tempête,
Et à la merci
des vents et des bêtes.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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samedi 26 novembre 2016
L'enterrement d'Abel
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L'enterrement d'abel
Jean-Jacques
Henner, Adam et Ève découvrant le corps
d'Abel (1858)
Adam, vêtu d’une peau de bête,
Et Ève de ses cheveux radieux,
Contemplent tous deux la sanglante tête
De leur fils tué par son frère odieux.
Comme l’eau d’une fontaine limpide
Son sang coule, par la fange souillé,
De la mer imitant les flots rapides
Dont son corps livide est l’écueil
mouillé !
Les deux parents voient leur enfant sans
vie
Et sans sépulture, déshonoré,
Son âme et leur joie leur sont ravies,
Tué par Caïn, son frère abhorré !
Cette ruine morte et malodorante,
Ce fut leur fils chéri !
Hélas, hélas !
Écœurée par cette chose écœurante,
La mère gémit, et le père est las,
Las de vivre dans ce nouveau monde
Où tout est éphémère et dégoûtant,
Où l’on doit manger des bêtes immondes
Et boire de sales eaux tout le
temps !
Il dit à Ève : « Cet infâme
Sera puni par Dieu ; en vain il
fuit.
Cachons Abel dans la terre, femme,
Loin de ces fauves qui hurlent la
nuit. »
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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