mercredi 13 mai 2020

Re-L'Aigle

RE-L'aigle

D’après le poème  « L’Aigle » de Charles Gill (1871 – 1918), duquel je ne garde ici que la première strophe.   

Dans cette cage où des bourreaux l'avaient jeté,
L'espérance faisait frémir ses grandes ailes,
Et sans que le malheur eût vaincu sa fierté,
Son regard convoitait les sphères éternelles.

Il contemplait le grand ciel au-dessus de lui
Dont il comptait, jadis, les nombreuses étoiles,
Et le soleil radieux qui se lève et reluit
Et dans le monde erre comme aux ondes une voile ;

Il voyait les oiseaux petits et impuissants
Errer avec bonheur et chanter sans chaînes,
Devant son immense cage toujours passant,
Devenant dans son esprit des erreurs humaines ;

De la brise faible et molle il était jaloux,
Lui, le guerrier des cieux et le roi des nuées !
Il abhorrait comme un ennemi le printemps doux
Et sa chevelure par le vent remuée !

Aux hommes qui venaient admirer sa splendeur,
Il montrait ses serres, invincibles armes,
Et du meurtre épanoui les ténébreuses fleurs
Enivraient son esprit maudissant leur vacarme !

Il va vieillir ici, dans sa maison de fer,
Dans cette construction horrible et cruelle,
Sans revoir la montagne et sans revoir la mer
Qui pensent amoureusement au bruit de ses ailes.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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