mercredi 4 décembre 2019

Le patient fané

le patient fané

Comme une fleur qui a cessé de s’épanouir,
Que la main de la nuit ferme telle une porte,
Le patient lentement s’éteint, et semble fuir
Vers les bois ténébreux emplis de feuilles mortes ;

La Mort l’emportera bientôt, oiseau et mer,
Sur son aile farouche et dans sa farouche onde,
Et a la bouche il a le goût deux fois amer
Des vastes firmaments et des douleurs profondes.

Son lit est un linceul, et bien qu’il soit vivant,
Les vers phosphorescents déjà le tourmentent,
De dévorer sa chair et son âme rêvant
Comme un amant rêve du baiser d’une amante,

La fièvre est si forte qu’elle semble un grand feu
Qui embrase son corps et son esprit malade
Où la sueur ruisselle en ressemblant un peu
À une étincelle brillante et maussade,

Par moments, cependant, un grand froid hivernal
Lui pénètre le sang ainsi qu’une lame,
Et la faux du Trépas qui a le mot final
Jusqu’au fond de son cœur logée, blesse son âme,

Il sait qu’il va mourir, ce soir ou bien demain,
Qu’importe ? C’est là sa seule certitude,
Et ne fait plus déjà partie des êtres humains
Qui resteront vivants comme d’habitude.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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