mercredi 20 novembre 2019

Rêverie de l'après

rêverie de l'après

Quand devant nous elle passe, elle nous emplit
De son parfum et de sa lumière,
La rose se lamente et le soleil pâlit
Et la Nature dit des prières,

Tout devient plus radieux et plus bleu et plus vert,
Plongé dans ses profondes songeries,
Et même les vieillards plus chenus que l’hiver
Se mettent à dire des galanteries,

En songeant à elle, l’on devient soudain seul
Avec ses fantasmes impossibles
Qui enveloppent le cœur comme des linceuls,
Tandis qu’elle va toujours, impassible,

Et que, comme on devine une énigme sans fin,
Tous ses amants devinent son sourire
En pensant tristement à leur amour défunt,
Pur et impur et qui ne peut suffire.

Elle s’en va ; vague et splendide émanation
De sa chair ainsi que de tout son être,
Il reste d’elle un peu d’odeur à nos passions
Qui sort d’elle comme d’une fenêtre,

Mais rien ne consolera ses pauvres amoureux,
De leurs rêves elle sera la brume,
Plus que les étoiles au ciel ils sont nombreux,
L’un songe à elle et chante, et l’autre fume.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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