mercredi 18 septembre 2019

Le dîner impur

LE dîner impur

Chaque soir, la Tristesse et la Solitude,
Aigles de Prométhée dont les becs sont sanglants,
Viennent ronger notre foie comme d’habitude,
En emplissant le ciel noir de leur cri violent.

Comme l’enfant casse son crayon fragile,
Elles cassent notre cœur épris d’idéal
Et poursuivent leur vol sinistre et agile,
Médecins qui savent l’origine du mal.

De maison en maison, de fenêtre en fenêtre,
Elles vont en cherchant dans les appartements
Des restes de repas et des ruines d’êtres,
Et se nourrissent de notre âme prestement ;

Pour elles, notre esprit est une cuisine
Et elles mangent nos pensées laissées au four,
Vieilles comme nos cœurs qui tombent en ruine
Avec leurs temples blancs et leurs petits amours.

Tous les soirs, elles y entrent et se mettent à table,
Et mangent en devisant à ne point en finir,
Avant que de partir, hôtesses redoutables
Qui s’amusent de nos plus tendres souvenirs.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdene 

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