vendredi 20 septembre 2019

La crise du paysage

La crise du paysage

Dans nos pauvres villes que le ciment tourmente
Et qu’elles portent comme un fardeau éternel,
Il est bien doux de voir reluire sous le ciel
Une humble verdure, radieuse et charmante.

Comme dans d’immenses contrées vespérales,
On erre dans des bois petits et ténébreux
Et dont les animaux sont toujours moins nombreux
Que les pensées sans fin de nos cerveaux pâles,

Emplis d’enchantement, les fleurs et les arbres
Poussent dédaigneusement sur les sombres trottoirs,
Et d’étranges choses s’épanouissant le soir
Pareilles à de vagues statues de marbre,

Tous les jours, nous marchons dans notre propre rêve ;
Ô chemins parfumés, vous m’avez vu aller
Dans la sublime nuit, sous vos ciels étoilés
Le cœur empli de vers et l’esprit de sève,

J’ai cherché sans répit un peu de nature
Dans les rues que mouillaient les larmes de l’hiver,
Quelque chose de bleu, quelque chose de vert
Pour bannir le sinistre ennui qui me torture,

Mais tout cela est faux ! La ville est un bagne,
Une prison où tout a la couleur du fer
Et où tout ce qui est haut nous cache l’enfer
Comme un grand abîme derrière les montagnes.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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