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LE voyant humble
Il y avait jadis, au temps des
prophètes,
Un voyant hirsute comme les bêtes
Qui loin du tumulte de la cité,
Parlait au ciel avec simplicité.
Le vaste monde était sa demeure,
Ne demandant ni l’aumône ni l’heure,
Il passait, infini comme la mer,
Pareil aux chevaliers vêtus de fer
Et à l’arbre vêtu de son écorce,
Et semblait avoir gardé sa force,
Bien qu’il fût vieux et bien qu’il fût chenu.
D’un monde différent il est venu,
Il avait vu la Création sans voile
Et les puissances primordiales,
Le chaos, le néant et l’absolu
Et les contrées punies où il a plu
Du feu sur les âmes sans refuge,
Ainsi que le commencement du Déluge,
Et était simple comme tout cela.
On ne savait pas ce qu’il faisait là
Et on le voyait la tête baissée,
Pareil aux vieilles branches cassées
Et à l’herbe dont le vent ploie le dos
Et qui n’a jamais porté de fardeaux.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
vendredi 5 juillet 2019
Le voyant humble
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