vendredi 28 juin 2019

Le canular charnel

le canular charnel

En raillant les hommes, ces pauvres créatures,
La beauté de la femme et de la nature
Aiguise patiemment nos sens insatisfaits.
Alors que la nature est sans frein et sans faix
Et à tous ses amants toujours se donne,
Qu’elle fait rayonner son soleil qui rayonne
Pour les mauvais ici-bas comme pour les bons,
Que la mer et la fleur ne disent jamais non
Et que, filles de joie de ce vaste monde,
Laid, beau, pauvre, riche, l’homme embrasse les ondes,
La femme étale avec fureur tous ses appâts
Et semble croire que nous ne les voyons pas
Et murmurer à ses victimes hagardes :
« Que nul ne me touche et que tout me regarde !
Je suis belle et fière, et mon cœur est sans merci
Car comme l’écorce d’un vieil arbre endurci,
Je porte avec bonheur ce cœur sans clémence ;
La mer de vos désirs a beau être immense,
C’est un infranchissable et ténébreux écueil
Et dont le seul aspect afflige l’âme en deuil !
Dans ce monde je marche ainsi qu’une reine
Tranquille au milieu de mes sujets, et souveraine. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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