vendredi 18 janvier 2019

Proximité

 proximité

Souvent, debout sur un lointain rivage,
Je contemple ma vie comme un paysage :
Des fleurs piétinées, des arbres chenus,
Des soleils déclinants et des bois nus,
Et puis des dépouilles de métaphores,
Des éclats d’aube et des débris d’aurore.

Je me vois, jeune encore et lyre en main,
Marchant comme un dieu parmi les humains,
Voulant, tant ma poésie me grise,
Régner sur un monde que je méprise,
Ne daignant pas entendre les vains bruits
Des êtres tombant tels de pesants fruits
De l’arbre railleur de la vie mortelle,
Fier comme Orphée, et souvent rebelle,
Suivant le chemin étroit des visions,
Le cœur empli de graves illusions.
Aujourd’hui, ce paysage est blême,
Tout a changé, et les choses que j’aime
Cachent des poignards et semblent gémir,
Car ce que nous aimons nous fait mourir,
Et mes chères illusions souriantes
Me remplissent aujourd’hui d’épouvante,
Rêveur affligé mais rêvant toujours !
Vanité, colère, ambition, amour,
Tout ce qui est humain maintenant m’épuise
Comme une maladie qui par surprise
Me prend avec délice au corps à corps
Et m’étreint doucement jusqu’à la mort.




Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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