mercredi 23 janvier 2019

Les colocataires

les colocataires

Maints monstres hantent nos âmes
Comme une vieille maison,
Terrassant notre raison
Avec leurs yeux pleins de flamme :

L’Ennui, bête maudite,
Sourit seule au coin du feu,
Pour elle qui parle peu
Toutes les choses sont dites ;

Grelottant dans son siège,
L’Inquiétude, qui a froid,
A le cœur empli d’effroi
Comme d’un fardeau de neige ;

La Fatigue redoutable
Ne peut quitter son grand lit,
Et malade, elle pâlit
Tandis qu’elle nous accable ;

Par la petite fenêtre,
Saisie de spasmes violents,
La Dépression en hurlant
Jette vases et lettres ;

La Folie rit et chante
En disant des mots obscurs
Et dessine sur les murs
Des figures d’épouvante !

Et tout cela s’agite
Ou se tait éternellement
Dans le sombre étoilement
De notre cœur qu’il habite.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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