vendredi 12 mai 2017

Conte: Vasilisa à la tresse d'or (Partie III)

CONTE: VASILISA À LA TRESSE D'OR (PARTIE IIi)


III. Ce qui arriva aux deux frères de Vasilisa, quand ils eurent trouvé leur sœur et son ravisseur

Les frères, voyageant pendant un an entier,
Passèrent tous les deux par de sombres sentiers,
Des forêts profondes et des mers violentes 
Qui portaient des vaisseaux les épaves sanglantes,
Au sujet de leur sœur à toutes les nations
Posant d’éternelles et de vaines questions,
Entendant la même réponse monotone.
Ils arrivèrent enfin, un jour, un automne,
A une grande ville au château scintillant
Et y virent, vêtu de hardes, un mendiant.
Ils lui firent l’aumône et lui demandèrent 
Si une princesse aux charmes légendaires,
Appelée Vasilisa et qui était leur sœur,
Etait dans cette ville avec son ravisseur.
« Vous êtes étrangers, répondit le hère,
Notre tzar a promis un traitement bien sévère
A quiconque osera parler aux étrangers.  
Je ne puis vous dire donc, tremblant du danger,
Que le vent jusqu’ici, ennemi de sa paresse,
A apporté une ravissante princesse. »
L’aîné sourit et dit au mendiant : « Dans ce cas,
Sachez, l’ami, que nous ne vous remercions pas. »

Fous de joie, les princes entrent dans la ville
Qui leur semble être bien paisible et tranquille ;
Ils voient le beau palais aux cent reflets changeants
Posé élégamment sur un pilier d’argent,
Ses murailles en or, ses escaliers en perles,
Et son toit en diamants, demeure dont parle
Dans ses contes sans fin la grand-mère aux petits 
Que le sommeil près d’un bon feu appesantit.
Vasilisa ! Elle est assise à sa fenêtre !
La pauvre ne tarde pas à les reconnaître
Et pousse un cri de joie, ordonnant aux valets
De faire entrer ces deux voyageurs au palais.
Le tzar, un vil dragon, n’est point dans sa demeure
Qu’il quitte par bonheur toujours à cette heure,
Mais dès que les princes ont franchi son beau seuil,
Un bruit effroyable retentit comme un deuil,
L’escalier s’élargit, le toit étincelle,
L’édifice tourne sur son pivot ; la belle
S’écrie : « C’est le dragon ! il vous faut vous cacher ! »
Mais ils restent fermes, le voyant s’approcher.
« Qui êtes-vous ? », demande-t-il sans saluer.
« Vous avez notre sœur ; nous venons vous tuer. »
« C’est moi qui vais le faire, et avec grande joie. »
Et le dragon, une fois ces mots dits, déploie
Une de ses ailes qui écrase les preux, 
Avec un terrible grondement tombant sur eux,
Puis ordonne qu’on les jette dans les ombres
D’un fétide fossé, comme la nuit sombre.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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