jeudi 11 mai 2017

Conte: Vasilisa à la tresse d'or (Partie II)

CONTE: VASILISA À LA TRESSE D'OR (PARTIE II)



II. Les frères de Vasilisa partant à sa recherche

Les nourrices, tremblant du tzar redoutables,
Se lamentent et poussent des cris lamentables,
Et elles se jettent aux pieds de leur souverain
Qui les relève, son cœur n’étant point d’airain. 
Son cœur est cependant triste et inconsolable ;
En vain il a caché sa fille adorable
Au soleil, à l’aurore, aux vents et aux regards,
Et la nuit, il entend battre son cœur hagard,
Car il ne peut dormir et songe à sa fille
Et qu’il perd la moitié de sa morne famille.
Le lendemain viennent les prétendants, nombreux
Comme les nuages d’un hiver ténébreux.
Le tzar leur raconte sa tristesse de père
Et leur dit que malgré ses tourments, il espère
Qu’on sauvera sa fille de ce destin hideux,
Et qu’elle le sera peut-être par l’un d’eux,
Puis leur fait des présents et congédie son monde.

La tzarine et le tzar pleurent comme une onde ;
Leurs deux fils, en voyant leur si grande affliction,
Leur disent : « Donnez-nous votre bénédiction,
On veut partir, notre père, notre mère,
Au nom de vos douleurs et de votre âme amère,
Souffrez que nous fassions l’inviolable serment
De braver sans trembler les dangers alarmants,
De chercher notre sœur partout, sans relâche,
Et de ne point mourir, s’il le faut, tels des lâches. »
Le père leur répond : « Je sais votre valeur, 
Mais où la chercherez-vous ? Hélas ! ce malheur
Est déjà grand, ne le rendez pas immense ! »
« Père, répliquent-ils avec véhémence,
Permettez-nous alors, pour notre grand bonheur,
De quitter cette vie avec force et honneur !
Pour chercher notre sœur, nous irons avec sève
Partout où le soleil luit et le vent se lève. » 
Ils insistent tellement, ces deux fils adorés,
Que malgré leurs larmes, leurs parents éplorés,
Bénissent avec douleur leur dangereux voyage
De mer en mer et de nuage en nuage.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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