mercredi 10 mai 2017

Conte: Vasilisa à la tresse d'or (Partie I)

CONTE: vasilisa à la tresse d'or (PARTIE I)

I. Ce qui arriva à Vasilisa, la fille du tzar, quand elle eut vingt ans 

Un tzar avait jadis deux fils et une fille
Qui avec sa tzarine étaient sa famille.
Pour la cacher à tous, le père, par amour,
Enferma sa fille dans une haute tour ;
Elle avait de riches habits, était très belle
Et aux ordres de son père jamais rebelle,
Sa blonde chevelure était un doux soleil
Qui reluisait toujours, à nul autre pareil,
On l’appelait, afin d’honorer ses charmes,
Vasilisa à la tresse d’or. Mille alarmes
Agitèrent les cœurs des héros fascinés 
Par le bruit que faisait sa beauté, chagrinés
De ne point l’avoir vue, car son père voulait 
La marier à vingt ans, et toujours le rappelait
A tous ses soupirants, mais avec courtoisie.
Enivrée de nectar et nourrie d’ambroisie,
Lorsque Vasilisa eut vingt ans, elle était
Encore plus belle qu’avant, et s’inquiétait 
De l’avenir, au tzar disant : « Mon cher père,
Je sais que voulez me marier, mais j’espère
Avant de prendre époux sortir de ma prison
Et voir votre palais ainsi que l’horizon,
Que je ne connais point. Laissez-moi descendre 
Avec mes nourrices dans le jardin, entendre
Chanter avec bonheur tous les oiseaux charmants
Qui passent tous les jours dans le bleu firmament. »
Le tzar le lui permit, et à la terre entière
Envoya des hérauts dire qu’à ses prières
Le ciel est propice, et que le jour qu’elle attend 
Est arrivé, puisque sa fille a eu vingt ans.

Vasilisa, elle, heureuse et alerte,
Descend en courant dans une vallée verte
Avec ses nourrices, va respirer les fleurs
Et fouler les ruisseaux, ces magnifiques pleurs,
Croyant dans son bonheur être dans un rêve,
Quand tout à coup un vent impétueux se lève,
Malgré le doux printemps grondant comme un démon,
Et l’emporte au-delà du palais et des monts.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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