samedi 5 décembre 2020

Vie de Joseph (septième et avant-dernière partie)

 VIE DE JOSEPH (septième et avant-dernière PARTIE) 

VII. La douleur et la foi de Jacob

Il s’éloigna donc d’eux et s’écria : , Hélas ! ô Joseph ! et ses yeux blanchirent de tristesse, et il fut oppressé par la douleur. (Coran, 12, 84)

Les frères de Joseph l’imploraient : « Ô seigneur,
Ne prends pas Benjamin, bien qu’il soit le voleur !
Notre père l’aime, il est vieux et vénérable,
Sois bon : prends l’un de nous au lieu du coupable. »
« Dieu me garde de punir un innocent,
Leur répondit Joseph. Seul l’injuste y consent. »
Désespérant alors de leur succès, les frères
Pour se consulter entre eux se retirèrent.
Le plus âgé leur dit : « À notre père pieux
Vous avez fait une promesse devant Dieu !
Avez-vous oublié vos serments derechef
Et ce que vous avez fait, jadis, à Joseph ?
Moi, je ne partirai, malgré votre requête,
Que si mon dieu et mon père me le permettent.
Retournez voir notre père et dites-lui
Que son fils Benjamin a volé aujourd’hui,
Que vous en apportez l’attestation sûre
Et que vous ignorez les choses futures,
Qu’il peut interroger la ville et les marchands,
Que vous avez tout dit en ne lui rien cachant.
Peut-être que cela vous servira d’excuse. »

Jacob leur dit : « C’est une autre de vos ruses !
Mais je serai patient, et j’espère que Dieu
Me rendra mes enfants, car il voit dans les cieux,
Il est le plus savant et il est le plus sage. »
Et de son fils Joseph revoyant l’image,
Jacob s’éloigna d’eux et s’écria : « Hélas !
Ô Joseph, ô mon fils ! Pourquoi n’es-tu pas là ? »
Ses fils lui dirent : « Au nom de Dieu, père, cesse
De parler de Joseph, ou cette faiblesse
Causera ta mort, un jour ! » « Auprès du Seigneur
Je me plains, et devant lui je porte mes pleurs,
Dans ma solitude je lui confesse
Les maux dont je souffre et ma sombre tristesse,
Et je sais de Dieu ce que vous ne savez pas.
Ô mes enfants chéris, retournez sur vos pas
Et demandez partout Joseph et son frère.
Seul l’impie de la grâce de Dieu désespère,
N’en désespérez pas, sachez que le Seigneur
Est miséricordieux, et qu’il est pardonneur. »
Et les yeux de Jacob, aveuglés de larmes,
Blanchirent soudain à cause de ses alarmes.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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