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VIE DE JOSEPH (cinquième PARTIE) V. Joseph revoit ses frères Les frères de Joseph vinrent se présenter à lui. Il les reconnut aussitôt ; mais ils ne purent le reconnaître. (Coran, 12, 58) Pendant les sept années où il pleuvait fort peu Et la terre semblait embrasée par le feu, Joseph, homme puissant mais toujours sans caprices, Fit son devoir avec bonté et justice ; Appelant ses frères tous les pauvres manants Et généreusement consolant et donnant, De ses deux mains le blé ainsi que les prières Tombaient, emplis tous les deux de lumière. Il arriva qu’un jour ses frères affamés, Vinrent en Égypte où il était de tout aimé, Sans Benjamin. Joseph put les reconnaître, Mais ils ne savaient point qu’il était leur maître. Ils étaient dix. Or ils avaient onze chameaux. Joseph fit charger de blé les dix animaux, Et il leur demanda : « À qui est le onzième ? » « Nous avons un frère que notre père aime, Lui répondirent-ils, et il n’a pas permis Qu’il parte avec nous, et jusqu’à ce jour gémit Car le loup a mangé, jadis, notre frère Qui était avec nous. » Joseph leur dit, sévère : « Amenez-moi votre frère qui est resté D’après vous, auprès de votre père attristé. Ne voyez-vous que je remplis la mesure Et je le fais d’une main généreuse et sûre ? Sans ce frère, je vous interdirai le blé Et vous ne serez plus de mes faveurs comblés. » « Nous le demanderons, seigneur, à son père. » Joseph dit à ses gens : « Mettez dans leurs affaires, Sans qu’ils ne le sachent, ce qu’ils nous ont payé. Voyons s’ils reviennent pour le restituer. » Les frères de Joseph revinrent à leur demeure Et dirent à leur père Jacob : « Tout à l’heure Un seigneur nous a dit qu’il nous refuserait Le blé à l’avenir, et qu’il ne nous croirait Que si nous amenions avec nous notre frère. Laisse-nous l’emmener avec nous, ô père ! Nous prendrons soin de lui, il sera protégé. » Jacob leur répondit : « Vous m’avez affligé Quand vous avez perdu Joseph. Comment vous croire ? La miséricorde de Dieu jamais n’égare, Et il est sans doute le meilleur des gardiens. » Ils s’écrièrent : « On nous a rendu notre bien ! En ouvrant leurs sacs, et c’est ce qu’on souhaite ! Nous rendrons Benjamin, la chose sera faite, Et nous achèterons du blé une autre fois. On nous accordera, de plus, car c’est la loi, La charge d’un chameau, la grâce est facile À avoir. Confie-nous Benjamin, sois tranquille ! » Jacob leur dit : « Je ne vous le confierai point Si vous ne jurez pas par Dieu d’en prendre soin Et de le ramener vivant, sauf s’il arrive Un grand malheur, et que l’ennemi vous poursuive. » Lorsqu’ils en eurent fait devant lui le serment, Il dit : « Dieu m’est caution de votre engagement. Quand vous arriverez, mes enfants, en Égypte, N’y entrez pas tous par une seule porte, Car je tremble pour vous des yeux des jaloux. Je ne puis, toutefois, rien faire pour vous Contre les décrets de Dieu. Avec assurance |
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
mardi 1 décembre 2020
Vie de Joseph (cinquième partie)
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