mardi 1 décembre 2020

Vie de Joseph (cinquième partie)

VIE DE JOSEPH (cinquième PARTIE) 

V. Joseph revoit ses frères

Les frères de Joseph vinrent se présenter à lui. Il les reconnut aussitôt ; mais ils ne purent le reconnaître. (Coran, 12, 58)

Pendant les sept années où il pleuvait fort peu
Et la terre semblait embrasée par le feu,
Joseph, homme puissant mais toujours sans caprices,
Fit son devoir avec bonté et justice ;
Appelant ses frères tous les pauvres manants
Et généreusement consolant et donnant,
De ses deux mains le blé ainsi que les prières
Tombaient, emplis tous les deux de lumière.

Il arriva qu’un jour ses frères affamés,
Vinrent en Égypte où il était de tout aimé,
Sans Benjamin. Joseph put les reconnaître,
Mais ils ne savaient point qu’il était leur maître.
Ils étaient dix. Or ils avaient onze chameaux.
Joseph fit charger de blé les dix animaux,
Et il leur demanda : « À qui est le onzième ? »
« Nous avons un frère que notre père aime,
Lui répondirent-ils, et il n’a pas permis
Qu’il parte avec nous, et jusqu’à ce jour gémit
Car le loup a mangé, jadis, notre frère
Qui était avec nous. » Joseph leur dit, sévère :
« Amenez-moi votre frère qui est resté
D’après vous, auprès de votre père attristé.
Ne voyez-vous que je remplis la mesure
Et je le fais d’une main généreuse et sûre ?
Sans ce frère, je vous interdirai le blé
Et vous ne serez plus de mes faveurs comblés. »
« Nous le demanderons, seigneur, à son père. »
Joseph dit à ses gens : « Mettez dans leurs affaires,
Sans qu’ils ne le sachent, ce qu’ils nous ont payé.
Voyons s’ils reviennent pour le restituer. »

Les frères de Joseph revinrent à leur demeure
Et dirent à leur père Jacob : « Tout à l’heure
Un seigneur nous a dit qu’il nous refuserait
Le blé à l’avenir, et qu’il ne nous croirait
Que si nous amenions avec nous notre frère.
Laisse-nous l’emmener avec nous, ô père !
Nous prendrons soin de lui, il sera protégé. »
Jacob leur répondit : « Vous m’avez affligé
Quand vous avez perdu Joseph. Comment vous croire ?
La miséricorde de Dieu jamais n’égare,
Et il est sans doute le meilleur des gardiens. »
Ils s’écrièrent : « On nous a rendu notre bien !
En ouvrant leurs sacs, et c’est ce qu’on souhaite !
Nous rendrons Benjamin, la chose sera faite,
Et nous achèterons du blé une autre fois.
On nous accordera, de plus, car c’est la loi,
La charge d’un chameau, la grâce est facile
À avoir. Confie-nous Benjamin, sois tranquille ! »
Jacob leur dit : « Je ne vous le confierai point
Si vous ne jurez pas par Dieu d’en prendre soin
Et de le ramener vivant, sauf s’il arrive
Un grand malheur, et que l’ennemi vous poursuive. »
Lorsqu’ils en eurent fait devant lui le serment,
Il dit : « Dieu m’est caution de votre engagement.
Quand vous arriverez, mes enfants, en Égypte,
N’y entrez pas tous par une seule porte,
Car je tremble pour vous des yeux des jaloux.
Je ne puis, toutefois, rien faire pour vous
Contre les décrets de Dieu. Avec assurance
Je m’en remets à lui et je lui fais confiance. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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