dimanche 14 juin 2020

Re-Adieu à l'enfance

RE-adieu à l'enfance

D’après le poème  « Adieu à l’enfance » d’Ondine Valmore (1821 – 1853), duquel je ne garde ici que la première strophe.   

Adieu mes jours enfants, paradis éphémère !
Fleur que brûle déjà le regard du soleil,
Source dormeuse où rit une douce chimère,
Adieu ! L’aurore fuit. C'est l'instant du réveil !

Vous avez rayonné dans mon existence,
Vous avez brillé dans mon cœur et ma maison,
J’attendais mes jouets et mes récompenses,
Je riais sans raison, je pleurais sans raison ;

Mon cœur s’épanouissait comme une frêle rose
Sous le printemps béni, sous un toit chaleureux,
Et je ne portais pas le fardeau des choses,
Même quand je pleurais, je demeurais heureux !

Adieu, jours immortels et sans amertume !
Comme tous les hommes vous m’êtes précieux,
Je contemple aujourd’hui mon cœur glacé qui fume
Dans la nuit du monde et sous la pluie des cieux.

Grandir, c’est être seul. Plus la montagne est haute,
Moins l’oiseau et l’humain osent s’en approcher,
On porte son âge comme on porte une faute,
Et notre sagesse devient un lourd rocher.

La vieillesse arrive soudain avec ses rides,
Sillons de l’infini dans lesquels rien ne croît,
Mais il reste deux fleurs dans ce désert aride :
Le souvenir qu’on aime et l’idéal qu’on croit.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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