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dimanche 8 avril 2018

Conte: Jean le Paresseux (Partie I)


CONTE: jean le paresseux (PARTIE I) 

I. Les étranges réponses que Jean le Paresseux fit à son maître

Il y avait, une fois, un maître fort avare
Que le moindre denier à dépenser effare
Que l’or pouvait rendre bien heureux ou furieux
Et qui était prospère aussi et fort glorieux.
Le maître engagea un jour à son service
Un jeune métayer qui avait un vieux vice :
Il était fainéant, semblait venir de loin
Quand on l’appelait, de rien ne s’inquiétait point,
Au point qu’on le nomma, et non sans justesse,
Jean le Paresseux. Tout le jour, son altesse
Fait la sieste, à faire le travail peu ardent,
Toujours la même paille entre ses trente-deux dents,
S’endormant sous un toit ou dans une prairie.
Une fois le maître va à la métairie
Surveiller le travail, sur son grand cheval noir,
Arrive sans peine à la porte du chauffoir
Et il trouve, couché comme un chat, son bonhomme.
« Bonjour, maître ! » « Bonjour ! Est-ce que nous sommes
Dans une auberge, ici ? » « Non, il n’y point de lits. »
Le maître est en colère et sombrement pâlit :
« Tu te moques de moi, insolent ? Tu préfères
Dormir à travailler, tu n’as donc rien à faire ? »
« Si, je fais cuire ceux qui reviennent et s’en vont. »
« Où est ta mère, idiot ? Elle mange du son ? »
« Non, à ceux qui vont bien elle tranche la tête
Pour guérir les souffrants. » « Ah ! que tu es bête !
C’est tout ce qu’elle fait ? » « Non, maître, avant le jour
Elle s’est levée, non pour faire un petit tour,
Mais pour cuire le pain de l’autre semaine. »
Le maître est bien furieux : « C’est une chose vaine
Que de vouloir tirer quelque chose de toi.
Et que fait ton père ? Il s’amuse sur le toit ? »
« Non, maître, il fait le bien et le mal à la vigne. »
« Eh bien ! Je vais parler, si j’en suis bien digne,
A ce philosophe qui contemple le mal.
Ah ! tu es plus bête qu’un maudit animal. »

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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