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vendredi 16 mars 2018

Conte: Les extraordinaires aventures du rusé voleur (Partie IV)


CONTE: LES EXTRAORDINAIRES AVENTURES DU RUSÉ VOLEUR (PARTIE iv) 





IV. Pornic et Jean le Daim

Après beaucoup d’exploits de toutes natures,
Pornic voulut vivre d’autres aventures
Et quitta son pays, de gloires ayant faim.
Un jour le fin voleur rencontra Jean le Daim.
« D’où viens-tu, mon ami ? » « S’il faut que tu le saches,
Je viens de la foire où j’ai vendu ma vache,
Les vaches aujourd’hui ne se vendant pas cher,
J’ai gagné dix écus », répondit-il, amer.
« Diable ! c’est bien peu. Moi j’aurais acheté ta bête
Cent francs. » « Quoi, tu as donc de l’argent ? Arrête... »
« Bien plus qu’il ne m’en faut. J’ai laissé, cependant,
Ma bourse à la maison. Il faut, en attendant
Que je retourne chez moi, la petite somme
De dix écus. » « Je veux bien t’aider, mon bonhomme,
Mais il ne me reste à la maison qu’un pain bis
Qui comme un orageux ciel d’hiver est fort gris,
Et je dois acheter un peu de farine
Avec l’argent de la Rousse aux grosses narines. »
Pornic sourit et dit à Jean : « Mon cher ami,
Sois sans inquiétude et de rien ne frémis,
Donne-moi dix écus, et demain je t’apporte
Un sac de cent livres, trop lourd pour qu’on le porte. »
Jean le Daim est content et donne sans remords
Ses dix écus, croyant bien faire un marché d’or,
Et il veut à dîner inviter son hère.
« Viens, lui dit-il, je t’en fais la prière,
Tu feras maigre chair, mais Dieu sera content :
On est en carême. » Sans hésiter longtemps,
Pornic accompagne Jean avec un sourire
Jusqu’à sa petite maison, en l’appelant sire.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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