samedi 1 juillet 2017

Conte: Le Palais aérien (Partie V)

CONTE: LE PALAIS AÉRIEN (PARTIE V)



V. Ce que vit Bertel devant une autre colline

Bertel voit le petit Trolle, tout en larmes,
Criant tout seul sur la colline ses alarmes.
L’enfant est effrayé d’abord de le voir
Mais Bertel le console et le fait asseoir
Sur l’aile du corbeau qui bientôt les emporte
Jusqu’à la maison du père Trolle. A la porte
Bertel frappe, et le père embrasse, très heureux,
Son petit qu’il a cru mort d’un trépas affreux.
Il offre à son sauveur, dans sa grande euphorie,
Ses bijoux, son argent, de l’or, des pierreries ;
Bertel refuse tout et dit qu’il veut avoir
Une monture. Le Trolle l’emmène voir
Ses chevaux les plus beaux, de la plus pure race.
Bertel répond au bon Trolle qui s’embarrasse :
« Merci ! Mais vos chevaux sont bien trop vigoureux
Et bien trop grands pour moi. Vous me rendrez heureux
En m’offrant cet âne gris, bon pour mon commerce. »
Le Trolle invente alors mille raisons diverses
Pour l’en dissuader, car l’âne est très précieux :
Il lui dit qu’il est lent et qu’il est séditieux,
Qu’il le fera souffrir et qu’il est malade,
Mais Bertel le veut, et le Trolle maussade
Est de le lui céder à la fin obligé
Et en paraît, tout en souriant, bien affligé.
L’âne parle. Une heure passée, à son maître,
Il demande s’il voit une ligne bleuâtre.
« Oui », lui répond Bertel. « Il s’agit, en effet,
D’une colline, par un monstre aux cent méfaits
Jalousement gardée. » Devant la colline,
Bertel voit le monstre que l’âne lui dessine :
C’est un unicorne, hideux et colossal,
Dont la gueule lui semble un enfer abyssal,
Ouverte comme un gouffre et crachant des flammes,
Et Bertel en tremble de toute son âme.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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