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CONTE: LE PALAIS AÉRIEN (PARTIE Vi)
VI. Les trois dragons
« N’ayez pas peur, dit l’âne à
Bertel, du danger.
Donnez à ce monstre quelques bœufs à
manger
Et quelques carcasses de porcs, pour
qu’il soit sage
Et dans la colline nous perce un
passage. »
L’unicorne glouton, tout à fait rassasié
Et par toute cette nourriture extasié,
Dans la colline perce un trou, si
énorme,
Qu’il fait passer tout le convoi sans
alarmes.
L’âne gris demande à son maître ce qu’il
voit.
« Rien, seulement des monts rocheux
et le ciel. » « Soit.
Quoi d’autre ? » « Une
lueur, celle d’une étoile,
On dirait, ou de la lune sans son voile. »
L’âne reprend, alors : « Ce
que vous voyez,
Ce n’est point la lune ou une étoile.
Soyez
Prêt, c’est le château que nous
cherchons. » A sa porte,
Bertel voit trois dragons, créatures
mortes,
Semble-t-il, mais qui sont plongées dans
le sommeil
Depuis quelques siècles, sous le radieux
soleil,
Et dont les yeux fermés sont couverts de
mousse.
« Et s’ils se réveillent ? Et
si je les courrouce ? »
Demande Bertel en tremblant. « N’ayez
pas peur,
Répond l’âne, comme leur sinistre
torpeur
Qui depuis des siècles entiers les
accable,
Bien qu’ils soient certainement fauves
et redoutables,
Vous les subjuguerez tous en les
nourrissant. »
Dans le château semble vivre un roi très
puissant
Car il est tout entier en argent et
brille.
Le plus jeune dragon de cette famille
Éveillé par Bertel, est le moins affamé.
Il lui jette, d’abord de le voir alarmé,
Des carcasses de porcs, de bœufs, et d’autres
bêtes,
Qu’il engloutit aussi vite que la
tempête.
Le dragon, rassasié, à parler disposé,
Dit à Bertel : « Humain, puisque
tu as osé
Me réveiller, sache que mon père et ma
mère,
Plus affamés que moi, comme des
chimères,
Vont engloutir tout ce qu’ils pourront
engloutir. »
« J’ai de quoi les nourrir »,
dit Bertel sans mentir.
Le plus jeune dragon rugit et les
éveille ;
Ils avalent, dans leur rage sans
pareille,
Cinquante carcasses chacun, puis devenus
doux,
Ils laissent passer tout le convoi sans
courroux.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2208.
lundi 3 juillet 2017
Conte: Le Palais aérien (Partie VI)
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