jeudi 29 juin 2017

Conte: Le Palais aérien (Partie III)

CONTE: LE PALAIS AÉRIEN (PARTIE IiI)


III. Comment Bertel fut obligé de délivrer la fille du roi

Bertel fit rouler le peloton de laine
Qu’il oublia dans ses transports, l’âme pleine
Pour le charmant portrait de vénération
Et d’un amour proche de l’adoration.
Enfant bercé par sa passion idéale,
Bertel arrive à la métairie royale,
Rapide comme un vent d’hiver et sans deniers,
Et moins rapidement y devient palefrenier.
Il est si laborieux, le pauvre petit diable,
Et d’un abord que tous trouvent si agréable,
Que tout le monde l’aime, et bientôt la pitié
Qu’on a pour lui, devient une douce amitié.
Sa tâche accomplie, il monte dans sa mansarde,
Et le cœur plein d’amour, contemple et regarde
Le tableau étoilé qu’il y a suspendu
Comme on contemplerait un astre défendu.
Ses deux frères, jaloux de sa réussite,
Alors qu’on les malmène et qu’on les évite
Car leurs cœurs sont mauvais, l’ayant surpris un jour
En train de contempler sa belle avec amour,
Courent dire au cocher que comme dans un temple
Le mécréant Bertel tous les jours contemple
La païenne image d’une divinité
Dans sa mansarde, que pour cette insanité
Il doit être puni. Le roi, bon, mais sévère
Et chrétien convaincu comme l’était son père,
Se fait conduire dans la chambre de Bertel
Pour voir le prétendu temple ainsi que l’autel.
Quand il voit le tableau que le jeune homme adore,
Il s’en émeut et jette un cri : cette aurore
C’est sa fille cadette à la douce beauté
Ravie par des Trolles pleins de cruauté.
L’espoir revient au roi qui ne le croit plus morte.
Les frères de Bertel, pour hâter sa perte,
Disent alors au souverain qu’il s’est cent fois vanté
De n’être par nul Trolle ou monstre épouvanté
Et de pouvoir sauver la royale captive.
Il oppose en vain des protestations chétives
Aux mensonges de ses deux frères, affirmant
Qu’il ne sait pas où est la princesse ; alarmant,
Le roi lui ordonne, ne daignant pas l’entendre,
De partir et trouver sa fille sans attendre.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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