mercredi 28 juin 2017

Conte: Le Palais aérien (Partie II)

CONTE: LE PALAIS AÉRIEN (PARTIE Ii)



II. La découverte que fit Bertel dans la forêt, et le présent de la vieille femme

Bertel en regardant, non loin de l’herbe verte,
Fit une bien étrange et douce découverte :
Suspendu à un arbre, il trouva le portrait
D’une jeune fille de son âge, aux beaux traits,
Si belle que ses yeux rendraient fou le plus sage
Et que les siens ne quittaient pas son visage.
Pour le contempler, il détacha le tableau.
La vieille, sortant de l’air ou sortant de l’eau,
Vint lui dire, comme elle avait dit à ses frères,
Que depuis cent ans elle avait faim. Ses prières
Émurent le jeune homme au bon cœur, qui lui dit :
« Ma pauvre grand-mère ! comment est-ce qu’on vit
Cent ans sans rien manger ! Je suis pauvre moi-même,
Mais vous semblez l’être plus moi, et plus blême.
Ce que j’ai – on ne peut l’appeler un repas –
Est à vous ; je ne vous le refuserai pas. »
La vieille lui sourit : « Je suis immortelle
Et j’ai de grands pouvoirs magiques, reprit-elle,
Tu es bien le premier à ne point m’offenser,
Je t’aiderai et je vais te récompenser.
Prends ce peloton de laine ; si tu le roules
A tes pieds, rapide comme une eau qui coule,
Où tu veux ici-bas tu pourras voyager.
Mais laisse ce tableau ; tu seras en danger
Si tu l’emportes avec toi. » « Ma bonne grand-mère,
Répondit Bertel, mon âme serait amère
Si je ne l’emportais pas ; j’en suis amoureux !
Un tel sacrifice serait trop douloureux.
Je ne m’en séparerai pas. Que la mort m’emporte !
Ce présent m’ouvrira sans doute bien des portes,
Merci, charitable et bonne femme, et adieu. »
Et il sortit des bois sous le soleil radieux.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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