La prière du pêcheur
La mer était si
noire qu’elle semblait une encre
Où le Destin
plongeait sa main, fatale ancre,
Pour écrire
quelque chose de terrible lentement
Dit par l’ombre,
dans le livre du firmament.
La houle, mot
affreux que la nuit articule,
Rugissait, et les
flots qui avancent et reculent
Imitaient des
guerriers rangés devant une tour
Et à la grève
disaient leurs farouches amours
En lui donnant
souvent des baisers formidables.
Ô, sombre tempête,
bruit inexorable !
Hasardeuse
symphonie des ondes et des vents
Et que les hommes
qui tremblent écoutent en rêvant !
Le jour se
lèvera-t-il ? On ne sait. L’aurore
Va-t-elle blanchir
le ciel ténébreux ? On l’ignore.
Tout ce qu’on
voit, c’est la lutte des flots gladiateurs,
Et tout ce qu’on
entend, c’est la vaste clameur
De l’océan
terrible et qui ouvre la bouche
Pour pousser un
puissant rugissement farouche
Et de l’orage
furieux le lointain hurlement
Quand il mêle les
ondes aux ondes éperdument.
Hans, devant une
croix qu’une ancre surmonte
Etait ployé dans
son logis. Il dit : « je compte
Aller en mer cette
nuit. Les temps sont alarmants ;
Seul, je ne puis
vaincre la fureur des éléments,
Et c’est pourquoi,
Seigneur, dans ces climats rudes
J’implore de
reluire votre mansuétude.
Soyez clément,
soyez bienveillants, soyez doux !
De cette mer qui
gronde modérez le courroux !
Ma femme m’attend
et mes quatre enfants m’attendent
Effrayés chaque
nuit lorsqu’ils entendent
De l’océan profond
les rugissements sans fin.
Si je meurs noyé,
ils mourront tous de faim !
Je m’envole,
léger, et je leur rapporte
Des miettes de
pain en frappant à la porte ;
Oiseau, faites que
la mer ne soit point l’oiseleur !
A la pauvreté
n’ajoutez point la douleur,
Ne noyez pas à un
père dans les vagues profondes ! »
Cette nuit-là, le
pêcheur périt dans les ondes.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
mercredi 27 juin 2012
La prière du pêcheur
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