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mardi 10 mars 2020

Caresses liquides

caresses liquides

Ton amour, comme une mer profonde,
Prend mon cœur qui rêve dans ses ondes,
Vaisseau perdu, par nul phare éclairé
Et par l’écueil de ton corps attiré.
Ton amour qui souffle et se répète
Est une brise et une tempête,
À la fois un printemps et un hiver ;
Tes caresses rimées comme des vers
Brûlent mon esprit et brûlent mon âme,
Vagues faites de laves et de flammes
Et qui font fondre dans leurs plis nombreux
Les cœurs écrasés de tes amoureux !
Tes caresses, ces vivantes tropes,
Tout entier avec force m’enveloppent
Dans un incommensurable linceul,
En étant avec toi je me sens seul,
Parce que nous formons, quand tu me touches,
Un seul être bizarre et farouche,
Monstre marin sans tête et sans raison !
Le matelot las rêve de la maison,
Mais moi, je rêve plutôt de me perdre
Dans le magnifique désordre
De tes idées et de tes longs cheveux,
Et quand tu me caresses mon cœur, je veux
Entrer en toi comme le voleur entre
Dans une maison, comme dans un antre
La bête sauvage, et dans les poumons
Tout le sel des mers et tout l’air des monts !  


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 28 mai 2019

Les caresses brutales

LEs caresses brutales

Certaines choses, sombres ou douces,
Nous entrent dans l’âme et la chair :
Le souvenir d’un être cher
Qui dans notre vie soudain pousse,

Une douleur sombre et ancienne
Que le temps ne peut pas guérir,
La peur de vivre et de mourir
Au sein de la misère humaine,

La pensée que la vie est vaine
Et que nous sommes condamnés,
Que tous les plaisirs sont fanés
Et rouillent nos vastes chaînes,

Le sentiment que le monde
Nous repousse, et qu’il nous en veut,
Que tout nous nuit comme il le peut :
Le vent, le soleil et l’onde,

Croire que c’est de notre faute,
Qu’il s’agit de notre destin,
Vouloir mourir dès le matin,
Ne plus marcher la tête haute,

Le désir de disparaître
Et de s’en aller dans la nuit,
Loin du grand soleil qui reluit
Et des innombrables êtres !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène