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mardi 29 mai 2018

Les Danaïdes

LEs danaïdes

Les cinquante filles de Danaos, dans l’ombre,
Portant leurs amphores vides, dans les Enfers
Font le même travail éternel et sombre,
Enchaînées cruellement à d’invisibles fers ;

Plus de dieux à servir, les amphores légères
Sont aussi vides que le ténébreux tonneau,
Les fleuves infernaux sont secs et éphémères
Et dans la demeure glacée il n’y plus d’eau,

Et pourtant, en tremblant du froid inexorable,
Elles poursuivent leur inutile labeur,
Femmes criminelles autant que misérables,
Qui depuis des siècles payent pour leur erreur,

Vieilles choses pâles que les dieux tourmentent,
Bien qu’ils soient morts et bien qu’ils ne soient plus souverains,
Et malgré les affres jamais ne se lamentent,
Mettant des chimères dans leur tonneau d’airain,

Noires prisonnières cependant sans chaînes,
Captives du néant et de l’éternité,
Et dont la punition est cruelle et vaine
Et dont le supplice pourtant est mérité.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 26 février 2017

Le supplice des Danaïdes

le supplice des danaïdes

John William Waterhouse, Les Danaïdes (1903)

Au Tartare, les Danaïdes aux longs cheveux
De leur père ont tué les cinquante neveux,
Pour avoir obéi à Danaos livide
Condamnées à remplir d’eau un tonneau vide,
Ô dérision des dieux ! portant leurs vains fardeaux
Qui appesantissent leurs épaules et leur dos
Et leurs frêles bras blancs comme la blanche aurore !
Le tonneau se vide et elles l’emplissent encore,
Ces cinquante beautés aux sublimes douleurs
Qui ont été faites pour respirer des fleurs
Et pour porter le seul fardeau de l’ambroisie
Et des billets d’amour emplis de poésie,
Roulant éternellement leur éternel rocher !
Conduisant leurs ombres, Charon, le vieux nocher,
Bien qu’il soit impassible ému de leurs larmes,
Contemplant tristement leurs éphémères charmes
Qui ont brisé son cœur auguste de vieillard,
Les a laissées seules dans l’éternel brouillard.

Elles demeureront, ces belles meurtrières,
Au Tartare éternel, absurdes ouvrières
Esclaves du gouffre sous leurs pieds blancs béant,
Victimes maudissant l’industrie du néant.   


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène