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trois hommes dans une grotte Qui vous délivre des tribulations de la terre et des mers, lorsque, l’invoquant en public, ou dans le secret de vos cœurs, vous vous écriez : Seigneur, si tu écartes de nous ces maux, nous en serons reconnaissants ? (Coran, 6, 63) Il y avait trois hommes qui allaient leur chemin, Quand une grande pluie les arrêta soudain. Il fallait trouver un refuge ; ils cherchèrent, Et enfin dans une grotte se cachèrent. Étonnés de voir le ciel paisible changer, Ils croyaient être, ainsi, à l’abri du danger, Quand tout à coup, alors qu’ils étaient à attendre, Un effroyable bruit de mort se fit entendre : Un rocher énorme tomba avec fracas Comme de nulle part, et aussitôt bloqua L’entrée de la grotte, devenue très sombre. Un des trois hommes dit aux autres dans l’ombre : « Seul Dieu nous sauvera de ce piège. Prions, Et afin de revoir de nouveau les rayons, Que chacun dise à Dieu, dans sa prière, Ce qu’il a fait en son nom en étant sincère. » Le premier dit : « Ô Dieu, tu sais que j’avais pris Un homme à mon service, en le payant en riz. Or un jour, il partit sans rien en prendre. Je cultivai le riz plutôt que de le vendre, La récolte fut si bonne que j’achetai Des vaches avec l’argent, et que j’en profitai. Quand mon homme revint, je lui dis : « Prends ces vaches. » Il demanda son riz. Je lui répondis : « sache Que c’est grâce à ton riz que j’ai pris ce bétail Et que ces vaches sont le fruit de ton travail. » Il consentit, alors, à prendre son salaire. Dieu, j’ai agi ainsi car je crains ta colère. Si tu as trouvé mon action bonne, ouvre-nous. Tu es clément et je t’en implore à genoux. » Le grand rocher bougea un peu de sa place. Le deuxième homme dit, le cœur plein d’angoisse : « Dieu, tu sais que j’avais des parents fort vieux, Et que chaque nuit, afin d’être un fils pieux, Avant qu’il ne mouillât de mes enfants les lèvres, Je leur faisais boire le lait de mes chèvres. Or un soir, je revins fort tard, et je frémis En voyant qu’ils s’étaient tous les deux endormis. Ma femme et mes enfants avaient faim. Mais fidèle, J’attendis l’éveil de mes parents avec zèle, Jusqu’à ce que l’aube vînt, car je ne voulais Ni les réveiller, ni les priver de leur lait. Dieu, j’ai fait ce que j’ai fait car je te vénère Et je te crains. Écoute, ô Seigneur, ma prière, Et daigne nous sauver d’un trépas cruel. » Le grand rocher bougea. Ils virent un peu de ciel. Le troisième homme dit : « Dieu qui sait et devine, Tu sais que j’ai été épris de ma cousine, Et je voulais qu’elle m’accordât ses faveurs. Elle me demanda, pour calmer mes ardeurs, Cent dinars. Bien que je ne fusse pas un homme Riche, je parvins à réunir la somme, Et je revins la voir, les cent dinars en main. Elle me dit : tu es un homme insensé ! Crains Dieu qui te voit, et ne prends pas mon pucelage Sans que nous ne soyons unis par le mariage. La raison m’est alors revenue, j’ai eu peur, J’ai fui en lui laissant les cent dinars, Seigneur, Car je crains ton courroux plus que toute chose. Sauve-nous si tu as trouvé mon action pieuse Et agréé, dans ta bonté, mon repentir. » |
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
samedi 19 décembre 2020
Trois hommes dans une grotte
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