vendredi 30 octobre 2020

Le Veau d'or

le veau d'or

Moïse dit aux Israélites : Ô mon peuple ! pourquoi vous livrez-vous à l’iniquité, en adorant un veau ? Revenez à votre créateur ; immolez-vous mutuellement : ce sacrifice lui sera plus agréable ; il vous pardonnera, parce qu’il est indulgent et miséricordieux. (Coran, 2, 54)

Moïse, de retour de son voyage,
Trouva avec douleur son peuple volage
Adorant un veau d’or. Navré et courroucé,
Il s’écria : « Qu’est-ce qui vous a donc poussés
À adorer cette bête radieuse ?
Dieu vous a fait une promesse glorieuse,
Et vous l’avez renié lorsque l’or a relui ! »
Il jeta les Tables de la Loi, à lui
Tirant son frère Aaron, qu’il saisit par la tête,
Et le prophète dit à l’autre prophète :
« Tu m’as désobéi, et tu n’as point veillé
Sur ce peuple qui s’est soudain dévoyé ! »
Aaron, qui gémissait, implora son frère :
« Moïse, pardonne-moi, fils de ma mère !
Ils allaient me tuer et j’étais effaré,
Et c’est le Sumérien qui les a égarés. »
Moïse, revenu de sa sombre colère,
Demanda le pardon de Dieu, et sévère
Appela le Sumérien pour son forfait maudit
Et qui à sa question en tremblant répondit :
« J’ai pris de Pharaon l’or et les reliques
Et j’en ai fait un veau pour l’erreur publique.
Comme j’ai vu passer l’archange Gabriel,
J’ai ramassé, tandis qu'il revenait au ciel,
Sous le pas du coursier de la poussière
Et je l’ai jetée au feu. La bête altière
Devint vivante, alors ils en firent leur dieu. »
Moïse s’écria : « Va-t’en ! En ces lieux
J’interdis qu’on te parle et qu’on mange à ta table
Et qu’on t’adresse la parole, misérable !
Contemple bien le dieu que tu osas forger :
Je vais le réduire en poussière et l’égorger.
Quant à ses débris, je les jetterai dans l’onde. »

Moïse, après avoir tué la bête immonde
Et jeté ses restes dans les flots radieux,
Ordonna aux impies : « Buvez, ennemis de Dieu ! »
Ils burent. Dans leurs cœurs comme dans leurs bouches
Resta de leur crime la trace farouche.
Moïse alors leur dit : « Oyez ! Ce veau doré,
Dans votre iniquité, vous l’avez adoré.
Donnez-vous la mort pour que Dieu vous pardonne. »
Voici qu’une grande nuit soudain environne
La ville. On devint fou et on devint hagard,
On tira les épées, les couteaux, les poignards,
Les pères tuaient les fils, les fils les pères,
Tout s’empourpra de leurs lames meurtrières,
La création était appesantie de sang.
Soixante-dix mille étaient morts. « Ô Dieu tout-puissant,
S’écria Moïse, ta colère embrasée
Est-elle maintenant par ce sang apaisée ? »
« Elle l’est », dit Dieu. Le soleil se leva,
Il pardonna aux morts et à ceux qu’il sauva.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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