mardi 20 octobre 2020

Le peuple de Thamoud

Le peuple de thamoud

Les Thémoudites accusèrent aussi de mensonge leurs apôtres. Leur concitoyen Saleh leur dit : Ne craindrez-vous pas Dieu ? Je viens vers vous comme un envoyé digne de confiance. Craignez donc Dieu, et obéissez-moi. (Coran, 26, 141-144)

Le peuple de Thamoud était un peuple fort
Qui sculptait la montagne et méprisait le sort.
Saleh vivait avec eux, homme bon et juste
Qui descendait d’une famille auguste,
Et Dieu le choisit pour qu’il fût son messager.
« Il n’est qu’un seul vrai dieu, cessez de l’outrager,
Dit-il à son peuple. Je suis son prophète,
Dieu est plus fort que vous et voit ce que vous faites.
Vous sculptez la montagne, et fiers et criminels,
Vous vous croyez comme le Seigneur éternels !
Vos jardins, vos moissons, vos palmiers, vos fontaines,
Tout cela, Dieu peut vous le prendre, âmes hautaines !
Je ne vous demande point de mon zèle un prix,
Mais obéissez-moi, ne soyez pas épris
De la destruction et des brigandages.»
On lui répondit : « Quel curieux bavardage !
Saleh, tu as sans doute été ensorcelé,
Et tu n’es qu’un homme. Mais si Dieu t’a parlé,
Fais-nous voir un signe, et de ce roc rebelle
Pour nous convaincre, fais sortir une chamelle. »
Saleh pria Dieu ; Le prodige s’accomplit.
La bête était immense et le peuple en pâlit.
Saleh dit : « Que cette chamelle soit un signe.
Dieu vous châtiera si vous en êtes indignes !
Ne lui faites aucun mal : qu’elle ait sa boisson
Au jour marqué, comme vous. De cette façon,
Vous serez tous sauvés. » Devant cette puissance,
Le peuple jura à Saleh obéissance.
Or un jour on se dit : « Elle est grande, on a faim. »
On la tua. Saleh s’écria : « Votre fin
Est proche, insensés ! Un grand châtiment arrive,
Trois jours vous en séparent, et que le pieux me suive. »

On ne se repentit pas, mais on s’alarma,
Et pour combattre le châtiment on s’arma
D’épées et de lances. Ô impiété, chimères !
Le soleil, le premier jour, brûla la terre,
Les sources se mirent à bouillir, et la chaleur
Empourpra le peuple qui changea de couleur.
Le deuxième jour vint ; le vent et l’orage
Rendirent le peuple noir comme sa rage.
Au troisième jour, tout était silencieux.
L’archange Gabriel cria dans les cieux
Et son cri déchira les cœurs avec furie,
Des impies, pareils à de la paille pétrie.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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