dimanche 29 mars 2020

Un vieux défaut

un vieux défaut

Je suis de ceux qui marchent et qui rêvent,
Le dos devant à la vie, et contemplant
Le soleil paresseux qui se lève
Du lit éternel des nuages blancs.

Comme un vieil ami, je tutoie l’abîme
Qui me comprend comme je le comprends,
Et je tutoie aussi les hautes cimes
Où l’on entend chanter l’oiseau errant ;

Au milieu de ces mortels je passe
Comme une tempête et comme un parfum
Que rien n’arrête, l’âme pourtant lasse
De leur tumulte ennuyeux et sans fin ;

Je vais dans d’autres rues, sous d’autres nues,
Aimant les chemins les moins fréquentés
Et aimant les routes les moins connues
Et qui mènent à des mondes enchantés ;

J’erre dans ce monde qui m’importune,
Ermite qui cherche partout un mont,
Pauvre hère qui cherche la fortune,
En fuyant les mortels et les démons !

Tel est mon vieux défaut. Je suis étrange
Et partout où je vais un étranger,
Mon esprit ouvre ses ailes d’ange
Et mon corps pesant ne veut pas changer.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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