dimanche 15 mars 2020

Un spectateur interdit

un SPECTATEUR interdit

Comme un homme assis dans un jardin, je contemple
Les vivants qui sont là, leurs joies et leurs douleurs,
Les femmes compliquées, qui sont toutes des fleurs,
Et les hommes errants qui sont toujours simples.

Bercé par le bruissement d’une maigre cascade,
Par les rayons du jour, par les chants des oiseaux,
Quand les mortels tremblent des airs et des eaux,
Je contemple le monde inquiet et malade,

Et tout ce que je vois, c’est la race humaine
Qui se cache et qui court et a peur de mourir
Dans de sombres tourments qu’elle ne peut souffrir,
Dans l’océan du sort cherchant une arche vaine !

Tout ce que je vois, c’est l’homme qui fuit l’homme
Comme on fuirait son image dans le miroir,
Victime qu’attendent les vampires du soir !
Ô lâcheté, quelle pauvre race nous sommes !

Moi, je resterai là ! Il faut que je demeure
Dans mon rêve et dans mon jardin, tous les deux beaux ;
Je ne maudirai pas l’étreinte du tombeau
Et je mourrai ici, puisqu’il faut que je meure !

Quant à vous, insensés, allez piller le monde
Et demeurez cachés dans vos grandes maisons !
Laissez-moi avec les éternelles saisons,
Avec ma lyre et ma tristesse profonde.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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