lundi 30 décembre 2019

La fermeture du cauchemar

la fermeture du cauchemar

Le cauchemar, qui dans sa serre emporte
Nos esprits, ces puissants flots agités,
Nous conduit, ainsi que des invités,
À son manoir et ferme la porte.

Des spectres ailés, oiseaux funèbres,
S’envolent dans les toits, ces firmaments,
Et pareils à des soleils de ciment,
Leurs yeux reluisent dans les ténèbres ;

Chétifs, sans nourriture et sans maître,
D’étranges chats miaulent dans les couloirs
Et dans l’éternelle nuit font voir
Leurs dos maigres, qui sont tout leur être ;

Des miroirs profonds comme des ondes,
Bien que personne ne soit devant eux,
Font apparaître des femmes aux yeux creux
Et des vieillards dont le regard gronde ;

Des statues décapitées, toutes nues,
Aussi blanches que l’aurore et le jour,
Marchent patiemment, avec un bruit sourd,
Dans le néant comme dans une rue ;

Des créatures invraisemblables
Se cachent, pareilles aux amants surpris,
Dans l’ombre, pour faire pousser des cris
Aux âmes des rêveurs inconsolables.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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