vendredi 27 décembre 2019

Ciment tragique

ciment tragique

Derrière ces épais murs de ciment
Qui semblent aussi grands que des montagnes,
Chacun cache ses plus sombres tourments,
Et son âme gémit dans son bagne.

Au vent qui passe dans le firmament
Chaque fenêtre raconte une histoire,
Et chaque porte compte chalamment
Les âmes, comme on compte les victoires.

Maintes naissances, maintes solitudes,
Sont derrière ces nuages urbains,
Et des beautés qui comme d’habitude,
Telle Artémis aux bois prennent leur bain ;

La vie allume sa petite flamme
Dans les appartements et les maisons
Qui font sentir la chaleur des âmes
Aux passants divers des quatre saisons,

Les murs sont impassibles et sont vivants
Et ils sont faits des douleurs muettes,
Ces spectres qui les habitent en rêvant,
Ces mélodies terribles et fluettes

Qui des rues emplissent le grand néant
Chaque fois plus grand quand l’homme passe,
Et le gouffre sous nos pas béant
Qui se nourrit de nos âmes lasses.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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