mardi 10 décembre 2019

Caresse hirsute

caresse hirsute

Ma barbe caresse ton doux visage blanc
Avec le bruit que fait l’enfant jouant dans l’herbe
Dans un paysage lumineux et tremblant
Qui reluit doucement sous le printemps superbe,

Ta grande chevelure entre dans mes cheveux
Et elle semble aussi entrer dans mon âme,
Sa maison où elle fait tout ce qu’elle veut
Et dont elle allume les lumières et les flammes ;

Nous devenons un seul être étrange et divin
Qui grandit comme un souffle et comme la tempête,
Et soudain le monde devient à nos yeux vain
Avec ses nuages, ses mortels et ses bêtes.

Nos âmes sont chenues, et nous avons vieilli
En nous aimant, dans le jardin de l’emphase,
Pareils aux exilés qui quittent leur pays
Et qui disent des vers dans toutes leurs phrases,

Rien n’est plus important dans ce monde mortel ;
Quand nous nous caressons, patriarche et madone,
La nature est emplie de nos nouveaux autels
Et pour nous le soleil dans le ciel rayonne,

Pour nous la vaste terre amoureusement verdit,
Comme si elle était une fleur immense,
Elle s’épanouit sous nos pas et nous dit
Des poèmes, des fables ainsi que des romances.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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