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Les martyrs urbains
Tous les jours,
les mendiants et les fonctionnaires
Errent
opiniâtrement dans la ville sans fin,
Fatigués tous
les deux, le visage sévère,
S’en allant au
néant ou lui tendant la main.
Les mendiants
vont dormir dans leur sombre ruelle
Avec les chats
errants et les chiens décrépits,
Comme ces
animaux leur vie est cruelle
Et comme eux ils
ont faim et marchent sans répit ;
Captifs de leurs
bureaux et de leur hiérarchie
Et par leurs
fatales cravates étranglés,
Les doux
fonctionnaires, qui rêvent d’anarchie,
Vont, dans leurs
costumes éternellement sanglés ;
Les mendiants,
hirsutes comme des lions malades,
Comme les vieux
livres jaunes et poussiéreux,
Sont sales,
suppliants et toujours maussades,
Spectres
malodorants et rêveurs malheureux ;
Pareils à des
enfants pâles et imberbes,
Parfumés et
propres et obligés de seoir,
Les fonctionnaires,
qui rêvent de lacs et d’herbes,
Maudissent le
matin et maudissent le soir.
Condamnés à être
serviables ou serviles,
Rien ne pourra
briser leurs gigantesques fers,
Ils sont tous les
deux les martyrs de la ville
Qui reluit comme
le feu radieux de l’enfer.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
dimanche 13 octobre 2019
Les martyrs urbains
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