dimanche 6 octobre 2019

Derrière la ruelle

derrière la ruelle 

Derrière la ruelle dont les murs
Sont sombres comme la nuit et sales,
Toujours souillée par les déchets impurs,
Des femmes laborieuses et pâles

N’ont rien à vendre, hormis leurs maigres corps ;
Elles sont mères et toxicomanes,
De ces lieux infâmes éternel décor,
De cet enfer urbain antiques mânes ;

Des hommes balafrés et inquiétants
Détroussent l’imprudent marcheur qui passe
Pour boire des bières ou nourrir leurs enfants,
Et tuent ceux qui ont un peu d’audace,

Des chats faméliques cherchent un repas
Dans les profondes et noires poubelles
Des ces pauvres gens qui n’y laissent pas
De quoi nourrir leur faim éternelle,

Les chiens sans maîtres, spectres d’animaux
Qui boitent et n’aboient plus, maigres et faibles,
Flairent les trottoirs, et rongé de maux
Secouent leurs croupes où les puces tremblent,

Et des enfants malades et morveux
Que leurs parents ont rendus serviles,
Tendant la main et se grattant les cheveux,
Demandent l’aumône à toute la ville.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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