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La couleur du réfugié
Le teint brûlé par la mer et la guerre,
L’âme plus sombre que le sombre hiver,
Le voilà, le réfugié qui erre
Et qui brave mille périls divers.
Bleu comme le ciel et comme un cadavre,
Il est las, il a soif et il a faim,
Et cherche des yeux l’improbable havre
Dans l’océan sans clémence et sans fin,
Le corps plein de sel, l’âme d’amertume,
Il pense aux deux enfants qu’il a
perdus,
Quand la guerre a frappé comme une
enclume
Son foyer que le Destin a vendu
Aux tyrans, aux tueurs de toutes sortes !
De toute sa vie il ne reste rien,
Et la mer s’ouvre comme une porte
Et dévore ses souvenirs anciens !
C’est un Ulysse sans Pénélope
Que nul n’attend et qu’on veut voir
mourir,
Et que le vent a jeté en Europe
Comme un déchet qu’il fait partout
courir ;
Puni sans raison et haï sans cause,
Sa peau est sombre et on croit son cœur
noir,
Et chacun sur lui fait sa prose
En criant qu’il ne fait que son devoir.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
samedi 3 août 2019
La couleur du réfugié
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