mardi 7 mai 2019

Les affres de la nuit

les affres de la nuit

La nuit est venue. Tout semble maintenant loin,
Aussi loin qu’un souvenir confus de jeunesse ;
Dans la rue se répand la sale odeur des joints,
Des cuisines mortes et de ce qu’on y laisse.

Je sens tous les relents de la solitude
Du vieillard oublié de ses fils sans merci,
De tout ce qui souffre comme d’habitude,
Du jeune homme amoureux dont le cœur s’endurcit,

De la misère humaine et des grands sentiments !
Je vois le remuement de ces vies obscures
Cachées tous les soirs dans de petits appartements
Comme on cacherait une maladie impure !

Je peux voir, derrière ces vaines persiennes
Et qui ne cachent rien à mes yeux tout-puissants,
Les plaies que l’on ouvre et les douleurs anciennes,
Les nuées de soupirs et les flaques de sang,

Et j’entend, mais en vers, tous les gémissements
Qui viennent à moi comme de pâles prières
Et crient dans mon esprit ou me parlent doucement
Et s’en vont dans le ciel, ténébreuses lumières.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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