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un jeune thésard
Le jeune
thésard, sur ses vieux livres penché,
Alors que tout
dort, ne s’est toujours pas couché.
Tout en crevant
de faim, il sonde les mystères
Des notes qu’il
trouve sous les commentaires ;
Quand on devient
docte, la folie n’est pas loin :
Pourquoi y
a-t-il une virgule, et non un point ?
Les cf., les op. cit., les ibid., dans
sa tête,
Et les passim, dansent comme des tempêtes !
Hélas, comme le
ciel est loin de ses brouillons
Dont les taches
d’encre lui cachent les rayons !
Afin d’impressionner
ses érudits maîtres,
Aussitôt qu’il
se lève, il ferme sa fenêtre
Qui lui
donnerait à voir la morgue du quartier,
Et ouvre ses
livres : des volumes entiers
Longs comme des
pensums, aussi lourds que le monde,
Pour oublier
aussi sa tristesse profonde
Et son ventre
rongé par l’ignorante faim.
Un jour, il le
sera, sera Docteur, enfin !
Pauvre comme
jadis, avec plus de lectures,
Plein de
belles-lettres et de vieilles ratures,
Et il brandira
son beau diplôme au Destin
En pensant qu’il
a faim encore, ce matin.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
samedi 20 avril 2019
Un jeune thésard
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