samedi 13 avril 2019

L'apologie de la cigarette

  L'apologie de la cigarette

Nous la consumons, elle nous consume,
La cigarette brûle en souriant ;
Je suis heureux de penser, quand je fume,
Qu’elle me rapproche de mon néant.

Sa fumée, encens jeté dans l’abîme,
Parfume le temple blanc de la Mort,
Et nous sommes ses prêtres sublimes
Qui l’adorons sans répit ni remords !

Elle nous remplit comme une pensée
Jusqu’au bord du cœur, du corps, de l’esprit,
Jusqu’au moment où, de la vie lassée,
Elle meure tandis qu’elle sourit !

Son poison se répand dans nos veines
Comme un ruisseau qui coule lentement,
Comme nous elle est chétive et vaine,
De la vie se désolant tristement

Avant que nous ne l’écrasions, débile,
Avec ses sœurs dans le grand cendrier !
Nous l’embrassions pourtant, âmes viles,
Et elle meurt sans gémir, sans prier !

Aucun ami, pourtant, aucune femme,
Ne se sacrifieront ainsi pour nous ;
Ô cigarette, objet de notre flamme,
Sans toi nous deviendrions tristes et fous !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Mon avis sur cet article: